Journal de bord | Novembre 2019

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Journal de bord.

Le Dragon Galactique est un vaisseau protéiforme qui parcourt inlassablement les contrées lointaines de la culture. Avec un éclectisme assumé, quoique souvent tourné vers ce que l’on pourrait abruptement nommer la « SFFF » , il vous emmène dans un voyage plein de rebondissements. Ce rendez-vous mensuel nous permet de faire le bilan du mois et de vérifier la gestion des stocks.

Le mot de la dragonnière

Rien ne va plus ! La PàL est au pain sec et à l’eau jusqu’à nouvel ordre. Enfin après Noël quoi. Je vous jure. En attendant j’ai quelques suggestions de cadeau pour vous avec les tops de l’année qui arriveront ce mois sur le blog.

Plein de trucs « IRL » ce mois, je ne savais plus où donner de la tête : les Utopiales, expo Francis Bacon, expo Tolkien et les Rencontres de l’Imaginaire de Sèvres. C’était bien, c’était chouette. Mais ce serait bien qu’on se repose un peu !

Un challenge hivernal : madeleines proustiennes au programme, on retourne dans le passé, on se complaît dans la nostalgie, enroulée dans un plaid, la tasse de thé brandie, le chat sur les genoux. C’est chez Lune que ça se passe.

La pile à lire

Intégrale de nouvelles T2, Philip K. Dick / Adar, collectif / Le Paris de Zola, Alain Pagès / La tombe des lucioles, Akiyuki Nosaka / Philip K. Dick ‘s electric dreams, Philip K. Dick / La voie des ombres, Brent Weeks / Anno Dracula, Kim Newman / Faërie, Raymond E. Feist / Zendegi, Greg Egan / Le chevalier, Pierre Pevel / Le cercle de Farthing, Jo Walton / Intégrale des nouvelles Tome 3, Ballard / Le fond des forêts, David Mitchell / Jésus contre Hitler, Neil Jomunsi / Le roi au masque d’or, Marcel Schwob / Légendes rustiques, George Sand / Melmoth, Charles Robert Maturin / Big bang à Astrahal, Sébastien Marti (ldvelh) / Menu Cthulhu, Neil Jomunsi (ldvelh) / Plongée sur R’Lyeh, Loïc Richard (ldvelh) / L’île, Sigridur Hagalin Björnsdottir / Cookie Monster, Vernor Vinge / Baldur’s gate – l’héritage du jeu de rôles, Maxence Degrendel / Cadavre exquis, Augustina Bazterrica / MM HS Les films des romans de Stephen King / Pour la science HS Les nouvelles réponses de la génétique / Bifrost 96 William Gibson / Station metropolis direction Coruscant, Alain Musset / Chroniques du pays des mères, Elizabeth Vonarbug / Tolkien – voyage en terre du milieu, collectif / Lignes de vie, Graham Joyce / Infinités, Vandan Singh / Pour La Science collector les lois du hasard / Tolkien et les sciences, collectif / Céder la place, Emmanuel Quentin / Infiniment, Louise Rouiller / Sur Mars, Arnauld Pontier.

Infographie lectures dragon galactique novembre 2019

Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l’imagination, Neil Gaiman. 📚📚📚 Une ode à la lecture et aux bibliothèques. Un peu d’empowerement à l’égard des personnes qui lisent de la fiction et d’encouragement à faire lire, dès le plus jeune âge. Dans le contexte moderne d’éloge de productivité à court terme, ce genre de texte est particulièrement nécessaire. Je crains malheureusement qu’il ne prêche que les convaincus.

Utopiales 2019, collectif. 🚀🚀🚀🚀 Chronique complète.

Level up ! – The guide to great video game design, Scott Rogers. 🎮🎮🎮

Shangri-La, Matthieu Bablet. 🚀🚀🚀🚀 Une bande dessinée de space opera aux graphismes mirifiques. Quant au sujet, nous allons à la rencontre d’une société du futur dirigée par la société de consommation. Poussée à son comble, celle-ci occupe la population afin d’éviter qu’elle ne se pose trop de questions et ne se rebelle. Toute ressemblance avec une situation existant ou ayant existé serait purement fortuite.

Bifrost #96 William Gibson.  👽👽👽 On cause des nouvelles ! Fidèle à soi, Claude Ecken : reste-on soi-même si on « soigne » ses défauts et ses vices de la même façon qu’on soignerait une jambe cassée ? Claude Ecken mêle rigueur scientifique et une grande finesse psychologique avec un certain brio. L’express des étoiles, Michael Swanwick : un être qui ne peut vieillir ni tomber malade est transformé en bête de foire dans une Rome du futur. Quand une femme fait son apparition parlant une langue étrange… Rêves impossibles, Tim Pratt : rêves impossibles est le nom du vidéo club qui apparaît brièvement dans le quartier de Pete chaque jour. Un hommage au cinéma qui réinvente les films en mode uchronique. Voudriez-vous voir I.A. réalisé par Staney Kubrick, Le retour du Jedi par David Lynch ou Les aventuriers de l’Arche Perdu avec Tom Selleck ? Je me suis vraiment amusée en lisant cette nouvelle.

Valombre, Richard Awlinson. 🦄 Premier tome de la trilogie des avatars que j’avais l’intention de relire pour le challenge de Lune. Oui mais non. A l’issue de ma lecture, en diagonale et pleine de souffrance, j’ai pris une décision douloureuse : pour le challenge de Lune je poursuivrai plutôt ma relecture d’A la croisée des mondes. Fantasy archi classique sur base de jeu de rôles. Ce n’est définitivement plus pour moi.

infographie films et séries dragon galactique novembre 2019

Scanners, David Cronenberg.👁👁👁 Vu aux Utopiales. Comment dire. Ce film est à la fois très nul et très chouette. Les Scanners sont des êtres humains télépathes qui peuvent prendre le contrôle d’autres êtres humains. Le film est moins gore que ce à quoi je m’attendais mais il y a quand même un truc qui éclate de façon assez surprenante et une scène finale complètement hallucinante. Les effets visuels ont très mal vieiili mais ça donne un côté nanardesque au film. Par contre ce qui est vraiment bluffant c’est les expressions des types en train de faire leur machin de télépathie. Comme l’a dit le gars qui nous a présenté le film, c’est assez fou qu’on arrive à rendre intéressant des combats à base de type qui font juste des mimiques et les gros yeux. Il a fallu prendre des acteurs très expressifs. « I’m gonna suck your brain dry ».

The King, David Michôd. 👑👑👑 Un film historique, disponible depuis peu sur Netflix et qui conte, avec moult libertés sur les faits réels, le début du règne d’Henri V d’Angleterre, jusqu’à la bataille d’Azincourt. The King est un film surfant sur la vague Game of Thrones en nous offrant de beaux moment de politiques, des complots et une bataille somme toute assez confuse.

Little Joe, Jessica Hausner. 🌱🌱🌱 Peut rejoindre la liste désormais longue des films de SF à petit budget qui, quoique souvent imparfaits, ont quelque chose d’intéressant à proposer. Alice travaille comme chercheuse dans une entreprise qui développe de nouvelles espèces de plantes. Elle utilise des méthodes non approuvées pour développer sa plante qui rend heureux lorsqu’on en respire le pollen. Vous vous doutez que son expérience va un petit peu mal tourner. Si j’ai trouvé parfois le propos et les actes de ces soit-disant phytogénéticiens de renom assez naïfs (ils ont par exemple l’air très étonné qu’on puisse avoir envie de créer une plante qui ne se reproduit pas par elle-même. Allô ? OGM, tu m’écoutes?), il y a tout un travail sur la manipulation des relations entre les personnages, sur l’identité, le tout enrobé dans une esthétique épurée. J’ai par contre trouvé la musique du film insupportable.

La ballade de Buster Scroggs, les frères Coen. ⛏💰⛏ Film à sketchs, ce qui correspond à la version filmique d’un recueil de nouvelles. 6 histoires dans l’Ouest américain du 19ème siècle. Par ordre de préférence on trouvera : Gorge dorée, l’histoire touchante d’un vieux chercheur d’or très déterminé ; La fille qui fut sonnée, où une jeune femme se retrouve, à la mort de son frère, seule dans un convoi vers l’ouest, très cruel, sur l’insignifiance de l’existence ; Ticket repas dans lequel un type passe de ville en ville avec son cirque ambulant où il fait se produire un homme sans membres. Jusqu’à ce qu’il fasse l’acquisition d’une poule savante. A peu près aussi cruelle que la précédente ; Les restes mortels se passe quasi en intégralité dans une diligence dans laquelle les 5 voyageur.se.s conversent, assez étonnant de parvenir à maintenir l’attention avec zéro action on se croirait au théâtre ; Près d’Algodones : un bandit échappe une fois à la pendaison par miracle qu’en sera-t-il de la seconde ? ; La ballade de Buster Scruggs, un hors-la-loi mélomane qui se tire toujours des mauvais pas dans lesquels il se retrouve. Toujours ? Tous les sketches ne se valent pas mais cela sera laissé à l’appréciation de chacun. Une chose est sûre la photographie est très soignée (ce plan cadré sur les bois d’un cerf, le paysage montagneux magnifique juste derrière, priceless) et les acteurs efficaces. Ce film se veut être un hommage sympathique aux westerns d’antan.

J’accuse…, Roman Polanski. ⚔⚔⚔ L’affaire Dreyfus racontée du point de vue du  Colonel Picquart qui avait enquêté sur l’affaire. Adapté du roman « D. » de Robert Harris, il est prenant dans son déroulé de l’enquête et les invectives de tribunal. Antisémitisme, acharnement judiciaire, montage de pièces à conviction bidons, procès en diffamation de Zola qui dénonça l’affaire. Le film est original dans le point de vue adopté, pour le reste on verra un film bien fichu mais ce qui le sort de l’ordinaire c’est la polémique autour de son réalisateur.

Les misérables, Ladj Ly. 🚔🚔🚔🚔 Le réalisateur filme une montée de violence dans la Cité de Monfermeil, sans concession mais sans manichéisme depuis le point de vue d’un nouveau venu dans la brigade de la BAC.  Les misérables est un film engagé ; le réalisateur est lui-même issu de ces quartiers. Vu ce qu’on en voit, cela tient du miracle. Dans une interview, il dit : « Il y a deux postes clés sur lesquels il faudrait mettre le paquet : l’éducation et la culture. » C’est toute l’essence de son film dont le titre est un symbole fort et dont la citation de conclusion, par Victor Hugo également, veut tout dire : « Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs ». Ce film est un appel au secours, une lettre ouverte à nos politiciens.

Les éblouis, Sarah Suco. 🌟🌟🌟 Parle de dérive sectaire d’une communauté religieuse. Le film traite librement de faits réels vécu par la réalisatrice. C’est hallucinant d’injustice ces enfances volées à des gamins qu’on embarque là-dedans. Par contre, je ne crois pas que le film avait besoin d’en prime appuyer sur le bouton pédophilie pour montrer la stupéfaction horrifiée que l’on ressent à la vue de ses images. Le reste était déjà bien suffisant.

Proxima, Alice Winocour. 🚀🚀🚀 Ce film raconte avec une très grande précision la préparation à un vol spatial d’une astronaute française. L’entrainement, la séparation d’avec sa fille, le machisme ambiant. Le film est très émouvant, voire habité de moments de grâce comme cette scène où on prend les mesures de Sarah pour la fabrication de son casque : un demi sourire se peint sur son visage, ce demi-sourire d’une intense satisfaction, de quelque chose de proche du bonheur. Sourire que l’on retouvera sur le visage de sa fille au moment du décollage de la navette. Un beau film, qui rend hommage aux femmes astronautes par son réalisme et ses émotions.

La vie rêvée de Walter Mitty, Ben Stiller. ✈✈✈✈ Walter Mitty est un homme à la vie bien plan-plan qui préfère la passer à rêvasser qu’à la vivre pour de vrai. Bon on dirait Amélie Poulain version masculine où on échange Paris contre New York. C’est alors qu’il perd le négatif qui doit servir de couverture au dernier exemplaire de Life, le magazine où il travaille. Le voilà bientôt embarqué dans une aventure rocambolesque à travers le Groenland, l’Islande et le Kazakstan pour retrouver le photographe. Feel good movie par excellence. Une dose d’émotion associée à un panaché de paysages fabuleux. Idéal à voir en cette période de l’année en somme.

infographie jeux dragon galactique novembre 2019

 

Pict-it, Play it a Game. 💡💡💡 Faites deviner à vos adversaires un film, une expression, un livre, un lieu, etc en posant sur la table des images pour les représenter. Un jeu avec des règles simplissimes, mais qui peut être très prise de tête à l’exécution. Saurez-vous faire comprendre que vous parlez de Fievel en Amérique plutôt que de Ratatouille ?

Limite Limite. 💉💉💉💉💉 Bon alors je vous préviens tout de suite, ce jeu est ULTRA politiquement incorrect. A ne jouer qu’avec des gens qui gèrent bien le second degré. Une fois cette condition remplie, il faut savoir que ce jeu est ULTRA drôle. J’ai failli me faire pipi dessus de rire.  Le mécanisme est simple : des cartes avec des phrases à trou et d’autres cartes qui permettent de remplir ces trous. Certaines cartes font presque office de joker comme : Ta mère, Dans ton cul, Ma bite ou Chuck Norris. On a un peu honte mais on se marre.

15 commentaires sur « Journal de bord | Novembre 2019 »

  1. « J’accuse » et « les misérables », les deux grands films français du mois assurément. Ils pèseront dans le bilan final.
    Tu me redonnes très envie de voir le film des Coen qui m’attend toujours sur la plateforme. Il faut vraiment que je m’y colle. Maintenant il y a aussi le Scorsese.
    Dans la PAL, il y des choses qui m’intriguent, comme cette « plongée sur R’lyeh ». Il faut que je creuse…
    Et Cronenberg est bien un génie pas du tout soporifique.

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    1. Ha oui le Scorsese a filé en wish, faudra que je le vois quand je reprendrai mon abo Netflix. Plongée sur R’lyeh est un livre dont vous êtes le héros, je sais pas si tu connais le principe ?

      J’oubliais : j’espère que tu le chroniqueras si tu voir le Coen.

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      1. Oui je connais le principe, je lisais ça dans ma jeunesse.
        Je suis curieux de lire ce que ça donne.
        Le Coen, ça fait un moment qu’il me fait de l’œil. Si je l’attrape, il aura sa chronique pour sûr.

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      2. Il risque d’être difficile à trouver, faut regarder si l’auteur le propose sur son site ou sur Amazon (ça n’existe qu’en numérique) car la ME qui l’a édité a fermé depuis. Mais si besoin et contre assurance de pas de diffusion massive, je peux t’envoyer le fichier.
        Cool pour le Coen ^^

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  2. Plus de sorties mais autant de lectures, de visionnages et de jeux ? Quelle est cette sorcellerie ? =O
    Et pourquoi on n’a pas le droit d’avoir quelques mots sur le game design ? =P

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  3. LOL pour ta PAL.
    Ravie que tu aies aimé Shangri-La et Walter Mitty. Ce film m’a marquée à l’époque. J’ai retenu la réplique du photographe qui dit quelque chose comme: « parfois, quand je trouve la photo parfaite, je ne la prends pas. »

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    1. Nan pas lol c’est la catastrophe 😥
      En fait c’est le troisième fois que je le vois Walter Mitty, oublié de le préciser dans la micro-chronique. Oui c’est vrai elle est chouette cette réplique. Il préfère renoncer à la photo que de gâcher l’instant qu’il vit en la prenant.

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  4. Beaucoup de films à rattraper pour moi. Les misérables, tout le monde dit qu’il est top mais j’avoue que la bande-annonce ne me fait pas du tout du tout envie…..

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