Collection Parallaxe | 2018 – 2020

Focus.

La collection Parallaxe a fait son apparition dans le paysage éditoriale fin 2018. Créée par les éditions du Bélial’ (encore eux !) et orchestrée par Roland Lehoucq (encore lui !), elle a pour objectif de lier les sciences et la science-fiction. 4 titres sont parus et je vous parle en quelques mots de chacun d’eux, histoire de vous donner envie d’approcher la science autrement.

Ces essais peuvent sembler rebutants de prime abord. Mais pour moi le mot d’ordre de cette collection est assez clair : on vulgarise sans simplifier, on donne des exemples et des références science-fictives sans prendre le lecteur pour un idiot. Le produit fini est toujours passionnant, après à vous de voir les sujets ou les oeuvres qu’il vous intéresse le plus de voir décortiqués.

Les couvertures et les illustrations d’intérieur sont réalisées par Cédric Bucaille et contribuent à mettre en avant la ligne éditoriale de cette collection.

Comment parle un robot ?

Par Frédéric Landragin. Paru le 11 juin 2020.

Cet ouvrage très pointu, le plus pointu de la collection jusqu’ici à mon sens, a pour objectif de nous parler de comment parlent les robots. L’auteur va mettre en parallèle les avancées en terme d’intelligence artificielle et de traitement automatique du langage et certains robots de science-fiction. Le constat est sans appel et font résonner les C3PO et autres Terminator comme des chimères de métal et de circuits électroniques : on est LOIN du compte.

L’auteur passe beaucoup de temps à nous expliquer comment fonctionne le langage, à quel point il est complexe et du coup à quel point c’est difficile de fabriquer une machine qui serait capable de le comprendre et de l’utiliser aussi (im)parfaitement que nous. On se rend compte à quel point le cerveau humain est un système d’une complexité ahurissante et qu’il est capable de résoudre pas mal de difficultés langagières presque automatiquement alors qu’on n’arrive pas, à l’heure actuelle, à les faire résoudre par des machines dites intelligentes.

C’est passionnant et à la fois rassurant parce que, vous je sais pas, mais moi je suis pas pressée que ce soit HAL qui gère le bon fonctionnement de mon appartement. On sait jamais qu’il se mette en tête que je ne suis plus très utile…

L’ouvrage est accompagné d’une bibliographie et d’un index des notions.

La chronique de Feyd-Rautha

Station Métropolis Direction Coruscant

Par Alain Musset. Paru en 2019.

Station Métropolis Direction Coruscant a pour sujet les villes. En SF, les villes sont nombreuses, de préférence gigantesques (quand elles ne font pas la totalité de la planète tel Galactic City de la planète Coruscant ou Trantor imaginée par Asimov) et souvent anxiogènes.

Elles sont l’occasion pour les auteurs de SF d’explorer les travers de l’humanité en matière d’urbanisme galopant, de surpopulation, de surveillance de masse et autres inégalités sociales. Villes créées de toutes pièces  ou villes réelles façonnées pour le futur créés par leurs auteurs, toutes passent à la moulinette d’Alain Musset, géographe de son état.

L’approche est tournée vers les sciences sociales ce qui rend le texte très abordable pour les allergiques de la physique quantique.

L’ouvrage est accompagné d’une bibliographie

La chronique de Lune

Comment parler à un alien ?

Par Frédéric Landragin. Paru en 2018.

Un châsseur sachant s’enchâsser sans son sâchet est-il un bon châsseur ?

L’histoire de ta vie de Ted Chiang (Premier contact), L’enchâssement de Ian Watson et beaucoup d’autres vont aider l’auteur à vulgariser une science qui parait assez absconse (voire un peu chiante) au commun des mortels : la linguistique.

C’est l’occasion pour le lecteur de comprendre des termes propres à la linguistique. On saura tout sur l’enchâssement, on déconstruira l’hypothèse de Sapir-Worf et Chomsky sera invoqué. L’auteur évoquera les langues inventées par besoin ou pour la fiction.

Le sujet vendu dans le titre est abordé plus particulièrement dans le chapitre 5 (mais ça valait le coup d’attendre !). Ici encore de nombreuses références sciences-fictives sont citées pour notre plus grand plaisir.

L’ouvrage est accompagné d’une bibliographie et d’un index des notions (il y a 10 entrées pour enchâssement).

La chronique de Baroona.

La science fait son cinéma

Par Roland Lehoucq et Jean-Sébastien Steyer. Paru en 2018. 246 pages.

Composé de 14 textes au préalable paru dans la revue Bifrost, l’essai décortique la science dans de grands films de SF (Interstellar, Premier Contact) et dans d’autres moins connus (Europa Report). Il s’agit pour les auteurs non pas de juger un film à l’aune de sa précision scientifique mais bien de nous prendre au jeu de trouver et comprendre la science au travers des films proposés. Une autre manière d’aborder le cinéma.

Mes impressions.

Deux ans après ses débuts, la collection Parallaxe a à son actif 4 beaux et intelligents ouvrages dans lesquels vous pourrez aller piocher selon vos envies et vos affinités. Si vous en cherchez un particulièrement accessible, je vous invite à vous jeter sur Station Metropolis direction Coruscant. Tous font cependant preuve d’un bel effort pour rendre des concepts parfois ardus à la portée de l’amateur en quête d’éclairage.

24 commentaires sur « Collection Parallaxe | 2018 – 2020 »

  1. C’est vrai que ça a l’air super. Il faudrait notamment que je lise Comment parler à un alien?. 🙂
    « nous expliquer comment fonctionne le langage, à quel point il est complexe et du coup à quel point c’est difficile de fabriquer une machine qui serait capable de le comprendre et de l’utiliser aussi (im)parfaitement que nous » –> Oui, et c’est pour ça que les traductions automatiques ne sont pas fiables (même si je ne veux pas diminuer leurs progrès en disant ça, hein, elles sont devenues une réalité du métier…).

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    1. Ca me fait repenser que j’ai pensé à toi en lisant comment parle un robot. Il parle pas mal des traducteurs et de la traduction automatique. Il y a entre autre des traducteurs dont le rôle consiste à aider à paramétrer les IA qui traduisent. Je me dis que carrément le duo comment parler à un alien/comment parlent les robots pourrait carrément te plaire.

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      1. Héhé oui. D’ailleurs, deux clients m’ont proposé de participer à des sessions de « formation » de logiciel (ils appellent ça « training » en anglais). Évidemment, j’ai refusé, je ne vais quand même pas *les aider* à me remplacer. ^^ Huhu. Je pense que le combo gagnant viendra de l’alliance des mémoires de traduction, qui existent déjà depuis vingt ans et que tous les traducteurs techniques (ou presque) utilisent quotidiennement, et de la traduction automatique pour combler les trous quand il n’y a pas de mémoire. Enfin bon bref, pour en revenir à nos aliens (ah, ah, ah!), oui, il faudrait que je me penche sur ces bouquins. 😀

        Aimé par 1 personne

  2. Je ne suis pas très essai, mais comme j’ai les aliens et les villes dans ma besace, il va falloir m’y mettre un jour, comme tout le monde en dit le plus grand bien.

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    1. Coruscant est plus abordable, si tu veux te donner toutes les chances mais les aliens traite d’un sujet peu abordé habituellement…… Mon cœur balance…. Bon, tire au sort XD

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  3. Ils sont vraiment forts pour créer de belles collections ces diables du Bélial’.
    Une réussite pour une tentative personnellement – merci pour le lien. ^^ Ça me confirme que les autres y passeront à l’occasion, particulièrement celui sur les villes. Et puis les robots aussi, puisque Frédéric Landragin m’a déjà convaincu. Comment ça j’ai presque cité tous les ouvrages ? Ouais, y’a pas à dire, ils sont vraiment forts.

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  4. Très chouette article sur une collection qui a l’air très chouette mais qui ne m’attire pas du tout, à part peut-être celui sur la science dans le cinéma ^^

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      1. Ça s’appelait Sciences du langage car on avait linguistique générale, psycholinguistique, sociolinguistique, geolinguistique, sémantique etc. Et j’adorais parce que 95% des profs étaient humains et passionnants. Ils ne petaient pas plus haut que leurs fions, contrairement aux profs de lettres que j’ai eu 4 années et qui m’ont dégoûtée.
        Bref c’était cool

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