Le sultan des nuages | Bienvenue sur Vénus

le sultan des nuages Geoffrey A. Landis Une heure lumière

Impressions.

Le sultan des nuages est une novella écrite par Geoffrey A. Landis et publiée au Bélial en 2017 dans la collection Une heure Lumière. Je poursuis mon rattrapage avec cette 11ème publication, la dernière de l’Année 2. Venez, on va faire du kayak sur Vénus.

Dr Léa Hamakawa et David Tinkerman font des recherches sur l’écologie martienne lorsqu’iels reçoivent un message venant de pas moins que l’héritier d’un empire richissime sur Vénus. Message invitant la Dr Hamakawa à se rendre sur Vénus. Enfin sur Vénus, entendons-nous, on ne se pose pas SUR Venus, on la survole à bonne hauteur, histoire d’éviter ses pluies acides et son atmosphère irrespirable.

« Un spectacle sans pareil »

La terraformation de Vénus étant difficilement envisageable, ce sont les airs de la planète qui ont été conquis par l’être humain. Ou plus exactement par un consortium privé bien doté financièrement appartenant à la même famille. C’est là que nous retrouvons Carlos Fernando Delacroix Ortega de la Jolla y Nordwald-Gruenbaum (vous pouvez respirer ici) qui a tout d’un jeune despote. On l’appelle d’ailleurs le sultan des nuages. Il a 12 ans (en âge terrien) et n’est pas encore en pleine possession de son fief, pour cela il doit se marier.

La novella est l’occasion de superbement évoquer Vénus qui passionne moins la sf que Mars et de nous montrer les technologies particulières qui ont été nécessaires à son apprivoisement. En cela Le sultan des nuages est vraiment une réussite. J’ai vraiment été transportée par cette ville flottante et ses dômes. Du vrai sense of wonder.

La ville grossit à mesure qu’on s’en rapproche. Drôle de spectacle, me dis-je, que ce dôme, ou plutôt cette dizaine de dômes scintillants fusionnés au petit bonheur la chance, facettés d’un million de vitres et immenses – le plus petit mesure un kilomètre de diamètre. Tandis que la barque glisse dans le ciel, les facettes captent captent et reflètent l’éclat du soleil. Sous l’agrégat, un pinceau noir rugueux s’étire vers la base des nuages, aussi délicat que du verre filé, terminé par un bulbe rocheux si minuscule qu’il parait incapable d’assurer l’équilibre des dômes.

On découvrira aussi le système politique et surtout une conception étonnante et élégante du mariage. Elégante dans le principe, je ne dis pas que j’approuve ce type de procédé qui me parait bien plus respectueux du business que des individus. Ceux-ci ont cependant l’air de s’en satisfaire … ou d’en jouer pour parvenir à leurs fins.

Seulement voilà. L‘histoire n’est franchement pas à la hauteur du reste et les personnages sont assez fades. Je n’ai pas du tout apprécié le traitement du personnage féminin, normal on ne peut pas arriver à comprendre ses intentions puisqu’elle n’est qu’une coquille vide. La fin, aussi mature que la rêvasserie amourachée d’un ado de 15 ans, en mode Robin Hood prince des voleurs, bisou machin m’a tellement fait hausser le sourcil qu’il a fusionné avec mes cheveux. La toute dernière page, quant à elle, est vraiment de trop.

Le sultan des nuages est une novella pleine de sense of wonder, d’inventivité technologique et d’informations sur cette planète hostile qu’est Vénus. Il est dommage que l’histoire et les personnages ne suivent pas et que la fin soit aussi ridicule. De quoi redescendre de son nuage.

Informations éditoriales

Novella écrite par Geoffrey A. Landis. Publiée initialement en 2010, 2017 pour la publication en français dans la collection Une heure Lumière au Bélial’. Traduit de l’anglais par Pierre-Paul Durastanti. Illustration de couverture par Aurélien Police. 107 pages.

Pour aller plus loin

D’autres avis : Les notes d’Anouchka, Nevertwhere, La bibliothèque d’Aelinel, Les lectures de Xapur, L’épaule d’Orion, Lorhkan et les mauvais genres, Au pays des cave trolls, Albédo, Les lectures du Maki, Le chien critique, ou signalez-vous en commentaire.

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27 commentaires sur « Le sultan des nuages | Bienvenue sur Vénus »

  1. C’est super que tu lises les Heures-Lumière plus tard que les autres, ça permet de rafraîchir la mémoire des gens à la mémoire défaillante, comme moi. Je ne me souvenais aucunement de ce texte. C’est l’émerveillement qui pourrait me plaire ici.

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    1. J’essaie d’éviter les attentes, ça évite souvent les déceptions. Mais là les intentions de l’auteur ne sont pas très claires d’un point de vue narratif et pas consistant avec le reste, c’est compliqué :/

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  2. Ah, tiens, un UHL qui a le droit à sa chronique, il doit être bien, tous n’ont pas eu cette chance.
    *lis le billet*
    Oups.
    Vraiment dommage que l’intrigue ne suive pas. Parfois c’est juste lambda ou un peu moins bien, mais là ça a l’air d’être vraiment négatif. =/

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    1. En fait… Je pense que ma très grande frustration vient du contraste entre la proposition et le résultat. L’auteur a saboté son bouquin tout seul.
      Quand j’ai commencé à le lire, j’étais tellement woaah trop bien, comme c’est le dernier de l’année 2, j’étais déjà en train de réfléchir à mon billet focus et dans quel ordre j’allais les ranger, comme pour le premier focus. J’étais déjà en train de le mettre en première position. Là il va rétrograder mais n’ira sans doute pas en dernier parce que la proposition est quand même vachement bien, mais purée qu’est ce que la fin est nulle. Rhoo je sais pas, il va pas être facile ce billet.

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      1. Oui, je vois, c’est toujours d’autant plus rude quand les attentes augmentent. ^^
        Sinon, tu mets la première moitié en 1ère position, et la seconde moitié en 7ème position. 👀

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    1. A toi de voir, je suis quand même contente de l’avoir lu, mais j’ai un souci d’exhaustivité pour les Une heure lumière, donc au final la question ne se posait même pas.

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    1. Non mais je me serais contentée d’une histoire moyenne, là n’est pas le souci. Là ça m’a vraiment dérangée, la fin tout au moins. Ca n’a pas effacé le plaisir que j’ai pris par ailleurs.

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