8 films que vous auriez pu voir au cinéma | 1er trimestre 2026

Reprise de ce petit rendez-vous destiné à vous faire culpabiliser de ne pas fréquenter davantage les salles obscures. Qu’à cela ne tienne, les sorties VOD, streaming et autres achats de DVD devraient vous permettre de rattraper tout ça.

Le mot de la dragonnière

Après une petit pause (d’un an, oups), je reviens à mes premières amours en reprenant ce rendez-vous que vous sembliez apprécier. Par simplicité, je m’affranchis des contraintes que je m’imposais avant : il faut juste que j’ai vu le film au cinéma entre le 1er janvier et le 31 mars. Il se peut donc que vous trouviez des films dont la sortie initiale est plus ancienne dans cette sélection.

Place aux films…

giphy-1

Jumpers, Daniel Chang

On suit Mabel qui aime les animaux et découvre la nature avec sa grand-mère. Devenue étudiante à l’université, elle s’obstine à vouloir sauver le sanctuaire naturel où elle se réfugiait avec sa grand mère, menacé par la construction d’une autoroute. En conflit avec le maire de la ville, elle finit par se retrouver incarnée dans un castor robot capable de communiquer avec les animaux. Elle va secouer leurs principes pour les inciter à se battre pour leur étang.

Un film écolo à la fois drôle et émouvant. La résolution est ma foi fort naïve ou alors d’un optimisme débordant et je n’ai pas trouvé le dessin exceptionnel. Par contre l’animation est aux petits oignons, le film est très dynamique et ne ménage pas ses rebondissements what-the-fuck (on se demande quand même ce qui leur est passé par la tête, passé la référence à Avatar) et le spectateur ne ménage pas son plaisir.


Projet dernière chance, Phil Lord & Christopher Miller

Le docteur Grace, biologiste de son état, se réveille au milieu de l’espace dans un vaisseau spatial, sans aucun souvenir de ce qu’il fout là. Les deux autres membres de l’équipage sont morts. On découvre peu à peu comment il en est arrivé là et qu’il doit sauver la Terre menacée par des sortes d’aliens microscopiques qui mangent le soleil. Il fera bientôt une rencontre inattendue, le début d’une étroite collaboration et d’une belle amitié.

Le film est adapté du livre éponyme d’Andry Weir, que je n’ai pas lu et n’ai aucune intention de lire. J’avais lu Seul sur Mars pour me dire que ça faisait un très chouette scénario de film mais que c’était complètement inintéressant littérairement (j’avais d’ailleurs préféré le film de Ridley Scott). Il suffisait donc d’attendre l’adaptation pour celui-ci.

Quel chouette film ! C’est très bien fichu avec de beaux effets spéciaux, dont l’ami du Dr Grace qui est un mix de marionnette et d’effets numériques. Le duo fonctionne hyper bien, à la fois très drôle et émouvant. 

Côté construction narrative, on a deux lignes temporelles, celle dans le présent du personnage et les flashbacks qui nous permettent de comprendre comment il s’est retrouvé dans cette situation. Ca fonctionne autant d’un point de vue narratif que d’un point de vue émotionnel.

Côté SF, on est dans de la big commercial hard SF donc rien n’est compliqué à comprendre, mais il y a un certain souci du détail et de la cohérence de l’ensemble. Pour le reste il faut un peu se laisser porter mais avec une histoire aussi prenante et ce duo aussi improbable que réussi, ce n’est pas très difficile. Gros plaisir de cinéma.


Alter Ego, Nicolas Charlet & Bruno Lavaine

Alex, doté d’une calvitie, est heureux dans sa petite vie tranquille avec sa femme et son fils jusqu’à ce qu’Axel s’installe dans la maison d’à côté, avec sa femme superbe, ses cheveux, sa capacité à se faire apprécier de tout le monde. Physiquement c’est son sosie parfait avec des cheveux, mais Axel est le seul à voir la ressemblance.

Cette comédie absurde et drôle devient de plus en plus cringe au fur et à mesure que l’histoire progresse. On rit mais on est aussi inconfortable. Un film que les gens qui ont tendance à se comparer aux autres pour se plaindre que machin ou machine fait/interagit/est mieux que soi feraient bien d’aller voir. Ca ne soigne pas malheureusement mais c’est édifiant sur l’absurdité du procédé.


Certain women, Kelly Reichardt

Je n’ai pas pu voir First Cow à l’époque de sa sortie. J’ai manqué The mastermind sorti en février. A défaut, j’ai pu rattraper sur grand écran ce petit bijou que la réalisatrice a mis en scène 3 ans avant First Cow.

Certain women est un film en fix-up, racontant une tranche de vie de trois femmes dans un Montana rural :

  • Une avocate qui gère un client dans le déni que son affaire n’aboutira à rien et qui ne l’écoute pas.
  • Une femme mariée qui essaye d’acheter des pierres de grès à un vieil homme pour construire sa maison
  • Une cow-girl qui développe une relation qu’elle voudrait bien voir se concrétiser avec une professeure de droit

Adaptation de nouvelles écrites par Maile Meloy.

Un film très doux, très calme où ce qui se passe est dans le flux d’un quotidien au final assez banal. Et pourtant on ne s’ennuie jamais. Les trois histoires sont indépendantes mais elles se passent dans le même environnement.

L’histoire la plus poignante est la troisième dans laquelle la solitude de la jeune employée est palpable de bout en gout et déchirante quand elle se rend compte que la relation n’existe que pour elle.


No other choice, Park Chan-wook

Yoo Man-su travaille dans une usine qui fabrique du papier. Il est très aisé financièrement, a une famille modèle, une maison modèle. Il est très attaché à son travail et à ses employés, le facteur humain est important pour lui. Sa boite est rachetée et il est mis à la porte. Il n’arrive pas à retrouver du travail alors il se met en tête de tuer ses concurrents dans la course à l’emploi.

Park Chan-wook cultive l’humour noir dans ce film qui n’a pas été sans me faire penser à Parasite, dans le ton évidemment et partiellement dans les sujets et puis dans ce côté de commencer gentiment pour virer complètement creepy quand le point de rupture est dépassé.

Si on rit pendant le film (enfin si on a ce type d’humour :D), il ne s’empêche pas d’aborder le sujet tout à fait sérieux et contemporain du chômage, de l’aliénation du travail par la pression économique et jusqu’où on est prêt à aller pour en avoir une. Là-dessus , je ne parle pas tant de la question du meurtre qui est ici une exagération satirique, mais bien de la dernière scène du film qui est glaçante plus que tout le reste.


Le gâteau du président, Hasan Hadi

L’histoire se passe en Irak pendant les années 90 alors que le pays est sous embargo économique. Alors que les pénuries et la pauvreté sont le lot de bien des irakiens, la petite Lamia est tirée au sort pour confectionner un gâteau en l’honneur de l’anniversaire de Saddam Hussein. Avec la complicité de son ami Saeed, Lamia va tout mettre en œuvre, pour remplir cette demande absurde.

Le film joue sur deux tableaux :

  • c’est à la fois un film d’aventures dont les héros sont des enfants, avec une quête qui sert de prétexte à toutes sortes de péripéties
  • et une peinture socio-politique de l’Irak de l’époque

J’ai beaucoup aimé ce film qui joue sur les contrastes entre le sérieux du drame humain et l’inventivité des enfants, lâchés dans une ville dont les habitants sont malintentionnés, corrompus, prêts à n’importe quel racket pour profiter de la situation. On y trouve de très beaux personnages, en plus des enfants, comme la grand-mère ou le facteur.


28 ans plus tar, le temple des morts, Nia DaCosta

C’était trop bien. J’ai adoré retrouver ce que j’avais trouvé cool dans le précédent sans ses défauts. La scène sur Iron Maiden était over cool, j’ai été sincèrement émue lors du lancement du générique de fin, cette musique elle me prend aux tripes à chaque fois. Au final, le film parle de retrouver et de conserver son humanité.


Sinners, Ryan Googler

Rattrapé avec les incontournables d’UGC.

Ce film m’a paru être très dans la même veine que le court roman Ring Shout de P. Djèli Clark dans son intention de revisiter l’histoire un morceau de l’histoire afro-américaine de la ségrégation sous un angle métaphorique et horrifique.

D’un point de vue cinématographique, il m’a beaucoup évoqué Tarantino dans ses excès de violence très graphiques.

J’ai beaucoup aimé, je pense qu’il y a beaucoup de choses dans ce film qui peuvent inspirer la réflexion et il est superbe visuellement et auditivement.


Et vous ? Vous avez vu ou allez voir quoi ?

LE GIF QUI ILLUSTRE CET ARTICLE EST PORTÉ AU CRÉDIT DU SITE INGRESSO.COM PAR GIPHY. JE LOVE D’AMOUR CE GIF QUI EST LA QUINTESCENCE DU CINÉMA : LES ÉMOTIONS. MERCI. 🧡🧡🧡
BANNIÈRE BY ANNE-LAURE DU BLOG CHUT MAMAN LIT

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.