La Huitième couleur |Un touriste à Ankh-Morpok

La-huitieme-couleur

Impressions n°32

Où l’on fera la connaissance de ce monde loufoque et de ses habitants qui ne le sont pas moins. Sur le Disque-Monde la magie règne et la logique se fait rare. Enfin… peut-être que la logique du Disque est juste très différente de la nôtre …

– Pourquoi faut-il que tu paniques tout le temps ? demanda DeuxFleurs avec irritation.
– Parce que tout le reste de ma vie vient de me défiler sous les yeux, et que ça n’a pas duré très longtemps.

L’intrigue débute à Ankh-Morpok, citée tant légendaire que trépidante de vie, de crasse et de criminels à la recherche de victimes à dépouiller. Justement, en matière de victime, DeuxFleurs fera bien l’affaire. C’est sans compter sur son Bagage en poirier savant qui a le chic pour avaler définitivement ce qui montre la moindre mauvaise intention à l’égard de son maître ; d’une capacité surnaturelle à échapper aux pires catastrophes sans même s’en rendre compte ; et sur la présence de Rincevent (si si, un peu quand même), magicien raté et poltron.

Pratchett va nous embarquer dans des aventures rocambolesques, mettant les deux compères et le fameux Bagage dans des situations pas possibles et accessoirement très dangereuses.

Rincevent l’aimait bien. Le contraire aurait équivalu à donner un coup de pied à un chiot.

D’aucuns disent que ce premier opus des Annales du Disque-Monde est quelque peu décousu. Dans le fond, pas tant que ça. Le bouquin est divisé en quatre parties, cernées par un prologue et un épilogue. Ces parties présentent quatre aventures de DeuxFleurs et Rincevent reliées entre elles.

[…] le grand Nef, une région du Disque si aride qu’elle enregistrait des hauteurs de précipitations négatives […]

A noter qu’habituellement les différents livres du cycle sont relativement indépendants les uns des autres et il est admis qu’il n’y a rien d’ennuyeux à les lire dans le désordre. Sauf que ! Ça ne fonctionne pas pour les deux premiers. La huitième couleur se termine par un bon gros cliffhanger qui trouvera sa résolution dans le tome suivant, Le huitième sortilège.

La Mort leva la tête avec colère et plongea son regard dans des yeux aussi noirs que l’intimité d’un chat […]

Sinon, le truc de Pratchett c’est la parodie. La parodie de la fantasy bien sûr mais également de notre monde.

On pourra donc trouver en vrac dans ce tome-ci (liste non exhaustive) :

  • Le touriste benêt avec son appareil photo,
  • L’heroïc fantasy avec Rhun le Barbare et l’aventure dans le Temple (y a un peu d’Indiana Jones aussi)
  • Les histoires de dragons
  • Les effets de la bombe atomique, quand ils sont dans la région du Wyrm, où des déchaînements de magie ont rendu la nature complètement folle.
  • Les sacrifices humains ( le passage en question m’a fait penser à Tintin et le Temple du soleil)

Rincevent s’efforça de chasser ces souvenirs de sa tête, mais ils s’y trouvaient bien, s’amusaient à terroriser les autres occupants et à culbuter le mobilier à coups de pieds.

Le tout est saupoudré d’un style imparable (ici, on salue bien bas le travail du traducteur), humoristique, plein de métaphores saugrenues, de dialogues surréalistes et de descriptions rigolotes. Mais vous avez dû vous en rendre compte en lisant les extraits…

La route qui conduit d’Ankh-Morpok à Chirm serpente, toute blanche, en altitude, ruban de trente lieues parsemé de nids de poules et de rochers à demi enfouis qui s’enroule autour des montagnes, plonge dans des vallées vertes et fraîches de citronniers, franchit des gorges envahies de lianes sur des ponts de corde grinçants et s’avère dans l’ensemble plus pittoresque que franchement utile.

Informations éditoriales

Le Disque-Monde 1. Publié pour la première fois en 1983. 1996 pour la présente traduction, chez L’Atalante. Traduit de l’anglais par Patrick Couton. Titre original : The Colour of Magic. 266 pages

Pour aller plus loin

 

12 réflexions sur “La Huitième couleur |Un touriste à Ankh-Morpok

  1. J'avais lu ces premiers tomes pour la première fois il y a plus de 5 ans, et depuis je les ai relus au moins six fois…
    Ils sont quand même bien plus fouillis que la plupart des autres tomes, mais absolument géniaux quand on a déjà accroché à l'univers et au style de Pratchett!
    Un des meilleures passages que je garde en mémoire est l'intéreprétation de Rincevent du mot « pittoresque » employé régulièrement par Deuxfleurs ^^ (et les expressions du Bagage, évidemment!)

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