Le dernier loup-garou | Last but not least

Impressions.

Glen Duncan nous offre un roman de qualité, prenant, bien écrit, aux multiples rebondissements mais proposant aussi des réflexions sur la lassitude de la vie, la condition de loup-garou, la nécessité de tuer et une belle histoire d’amour en prime.  Une excellente lecture.

Le dernier de son espèce

Jake Marlowe est un loup-garou. Le dernier de son espèce. Il a 200 ans et est fatigué de vivre. Pourchassé par l’OMPPO (Organisation Mondiale pour la Prédation des Phénomènes Occultes), il décide de se laisser tuer à la prochaine Pleine Lune. C’est sans compter sur les rebondissements successifs qui l’amèneront sur les traces du Livre de Quinn, sensé contenir l’origine de l’existence des loups-garous, à découvrir ce qui se trame derrière le virus qui empêche de nouveaux loups-garous d’être créés et à faire une rencontre impossible, qui va bouleverser sa vie.

La mort d’un être aimé vivifie brutalement le reste du monde : les nuages, les coins de rue, les visages, les pubs télé. On la supporte parce que le chagrin est partagé. La mort d’une espèce ne laisse personne avec qui partager le chagrin. On est seul parmi des singuliers étrangement renouvelés.

Un quasi sans fautes

Premier tome d’une trilogie, Le dernier loup-garou est un quasi sans faute pour moi. Le seul reproche que je peux lui faire c’est peut-être l’excès de rebondissements, un peu sortis de nulle part. Disons que le gars avant le livre, il s’ennuie sévère, il pense à mourir, qu’il a fait le tour de la question. Et puis tout d’un coup c’est la fête du slip ! Enfin, je dis ça, mais l’histoire est vraiment super chouette et ce n’est qu’après avoir refermé le livre que j’ai commencé à me demander s’il n’y en avait pas un peu trop dedans. L’avantage c’est que ça laisse pas mal de questions en suspens pour la suite.

Ami lecteur, je l’ai mangé.

Trois heures environ après avoir décidé de n’en rien faire.

Une ambiance mélancolique mais violente

L’ambiance est assez noire, souvent mélancolique avec un je ne sais quoi qui m’a fait penser au film de Jim Jarmush, Only Lovers Left Alive (le thème de la lassitude la vie d’être immortel qui doit sans cesse se cacher du reste du monde est récurrent), mais aussi violente, pleine de bruit et de fureur, de sexe et de scènes d’actions. C’est aussi drôlement bien écrit, à la première personne. C’est à la fois littéraire et très facile à lire et non dénué d’humour. L’auteur arrive à faire passer dans les propos qu’il fait tenir à son personnage qu’il est à la fois vieux et cultivé,  cynique et blasé, sauvage et violent.

Ce que je veux dire, c’est que je ne présente pas d’excuses ni ne demande pardon. Je suis un homme. Je suis un monstre. Un cocktail d’opposés. Je n’ai pas demandé à devenir lycanthrope, mais quand c’est arrivé, je m’y suis habitué assez vite. On se surprend soi-même. On se surprend, puis on s’aperçoit que la surprise est un peu surjouée.

Vivement la suite ! 

En refermant ce premier tome, je n’avais qu’une seule hâte : me jeter sur la suite. Je ne l’ai pas fait pour laisser décanter un peu, mais croyez-moi le suivant ne va pas faire long feu. La traduction du troisième tome, By Blood We live, est prévue pour 2014 encore, donc pas trop longtemps à attendre pour la conclusion.

 

Pour aller plus loin

Titre original : The Last Werewolf, 2011
Traduction de Michelle CHARRIER
DENOËL, Lunes d’Encre, décembre 2012
368 pages
Photographie de couverture : (c) Plainpicture / Lenz.

 

 

Chez les blogopotes

16 commentaires sur « Le dernier loup-garou | Last but not least »

  1. Je te confirme que la suite vaut celui-là. C'est à la fois pareil dans le principe (action mêlée de réflexions plus introspectives) tout en étant très différent : le narrateur est une femme, avec des problématiques qui sont très différentes de celles de Jake dans le premier.

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  2. Non, je ne pense pas que ce soit lié à la nature non-vampiresque du loup-garou, le premier tome de la trilogie des sorcières étant très très réussi. J'ai bien peur que ce soit justement une question d’essoufflement ou de rythme de publication trop serré (à cause d'impératifs commerciaux ?). L'avant-dernier tome des vampires était déjà plus faible et le dernier carrément brouillon. J'ai l'impression qu'elle redit les mêmes choses mais sans l'impact « d'avant »…

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  3. Je l'ai terminé il y a peu et là j'essaie de faire ma chronique. J'avoue ne pas avoir ressenti le même engouement. Marlowe exprime tellement bien son dégoût de lui-même que ça a rejaillit sur ma lecture…

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