
Ce 122e Bifrost, publié en avril 2026 par les éditions du Bélial propose un dossier sur la revue américaine Amazing Stories. Je m’intéresserai dans les présentes impressions aux 4 nouvelles qui ouvrent la revue.
Notons que, ça y est, ma collection de Bifrost (sans compter le HS BD) a atteint l’âge honorable d’une rangée de bibliothèque Billy. Si j’en commence une deuxième, il me faudra quelques 17 ans et demi pour la remplir.
Le froid va encore empirer, Rich Larson
Boolea vit dans une maison isolée avec sa sœur Dijkstra et sa mère, enceinte et malade. L’histoire est racontée de son point de vue, à hauteur d’enfant, ce qui n’empêche pas, pardon du double jeu sur le mot, d’être glaçante.
Ils doivent avoir faim. L’hiver a été rude et, à en croire les signes, le froid va encore empirer. Maman et moi, on les énumérait : les pierres qui se fendent dans les champs, le sol qui se craquèlent sous les talons, les clous qui s’extraient des murs de la maison, le du nord qui se plante dans nos yeux, les loups qui hurlent la nuit comme s’ils voulaient qu’on les laisse entrer?
Le froid va encore empirer est une nouvelle à la fois horrifique et pleine de l’amour que porte Boolea à sa famille. En très peu de mots (la nouvelle ne fait que quelque pages), Rich Larson parvient à poser un contexte et un lore plein d’éléments qui ne sont pas dits mais qui n’empêchent pas, que du contraire, l’adhésion totale au propos.
Parution initiale en 2025. Traduit de l’anglais (US) par Pierre-Paul Durastanti.
Hommage à Pandore, Robert Charles Wilson
Une très courte nouvelle de trois pages sous forme d’une lettre envoyée par un scientifique et ayant pour sujet des enveloppes envoyées dans le futur avec possibilité de réponse. Six réponses sont faites en retour. La dernière va vous effrayer. Amusant.
Parution initiale en 2025. Traduit de l’anglais (US) par Gilles Goulet.
Réduire, Laurent Genefort
David enquête sur le remplacement d’un livre par une copie conforme à la Bibliothèque Interuniversitaire de la Soirbonne. Particularité : nous sommes dans l’univers de la Multitude de Laurent Genefort et donc cette bibliothèque est assidûment fréquentée par des aliens.
J’ai trouvé cette enquête tout à fait chouette à lire, combo bibliothèque + alien + gadget technologique amusant (le bablish). Ça faisait un peu sci-fi cosy mystery (est-ce que ce genre existe ? Je vous laisse chercher mais en tout cas on peut déjà me compter parmi les adeptes).
Les livres étaient des animaux étranges, expliqua le bablish, et les bibliothèques des nids non moins surprenants. Ils étaient constitués d’un empilement de pelures appelées pages, tatouées de marques appelées écriture grâce à des machines conçues pour les fabriquer un grandes quantités. Tout cela, pour renfermer une masse de renseignements somme toute modeste.
« J’en déduis qu’ils revêtent une signification autre qu’un instrument de stockage.
-Bien déduit », conclut David.
De boue et de boie, Olivier Caruso
A l’époque victorienne, une chercheuse observe un spécimen dont la description n’aura de cesse de faire se demander au lecteur « mais c’est quoi ce truc ? ». La créature, une sorte de mix entre un enfant humain et un termite, dotée d’une intelligence tout à fait remarquable, est également xylophage (c’est-à-dire qui mange du bois et non pas des xylophones)(enfin sauf s’ils sont en bois).
Je lui enseigne le latin, l’allemand, la littérature, l’arithmétique, la bonne élocution. Il a mangé son bureau. Peu importe, je continuerai.
Un texte fascinant, très précis dans ses descriptions physiques mais aussi comportementales et des méthodes éducatives qui décrit comment cette chercheuse se prend peu à peu d’affection pour son protégé.
Informations éditoriales
Revue publiée en avril 2026 par les éditions Le Bélial’. Illustration de couverture par Frank R. Paul/Nicolas Fructus. 182 pages.
Pour aller plus loin
Bifrost sur le blog.
D’autres avis : Mes univers virtuels, Quoi de neuf sur ma pile pour la nouvelle Le froid va encore empirer, Les lectures du Maki, Les chroniques de Feygirl, ou signalez-vous en commentaire.