Clandestin | Les merveilles d’Ellroy

Impressions n°113

Dans le Los Angeles dans années 50, nous faisons la connaissance de Fred Underhill, policier de son état. Fred Underhill est ambitieux, il a l’intention de monter en grade rapidement dans la police. Passionné de golf et coureur de jupons, il fait les 400 coups avec ou sans son ami et partenaire Walker « La Fêlure ». Ce dernier se fait tuer sous ses yeux lors d’une arrestation qui tourne mal.


Fred Underhill fait d’une affaire personnel le meurtre d’une femme qui fût son amante. Persuadé qu’il est lié à un autre meurtre, il se lance dans une enquête clandestine qui le mènera à faire la connaissance de Dudley Smith, un flic aux méthodes de psychopathe que l’on croise régulièrement dans les romans d’Ellroy. Mais Fred voit trop loin, est trop ambitieux, se trompe de coupable et se fait virer de la police. C’est la descente aux enfers pour lui, la fin des « merveilles », terme qu’il utilise pour désigner le quotidien à la fois ordinaire et extraordinaire que constitue le rôle de policier.

La clé des merveilles, c’est la mort. J’avais tué par deux fois, et j’en avais été changé. Mais la clé n’était dans le geste de mort, elle était dans la découverte de tout ce qui y conduisait.

Il cherchera la rédemption dans la résolution de cette affaire. Pas pour la gloire ou servir ses ambitions personnelles mais pour la justice et retrouver la paix avec lui même. Cela le mènera très loin dans l’horreur humaine.

Clandestin fait écho au Dahlia Noir, roman racontant le meurtre atroce d’une jeune femme (en fait c’est plutôt l’inverse, Clandestin ayant été écrit avant Le Dahlia Noir, mais en terme de chronologie Le Dahlia Noir se passe avant Clandestin. D’ailleurs, il est très brièvement fait mention de l’affaire dans le roman).
Mais Clandestin fait avant tout un écho au meurtre sordide de la mère d’Ellroy quand il était enfant. On sent un parallèle poignant entre le personnage de Mike, un gamin de 12 ans dont la mère s’est fait assassiner et Ellroy enfant qui a perdu la sienne de façon aussi dramatique. C’est ce qui est aussi passionnant et effrayant à la fois dans les romans d’Ellroy. Ce qu’il y met de lui même, de son passé, de ses propres démons et de ses propres « merveilles ».
 
Quand on lit cet auteur, on ne lit pas qu’un roman policier mais aussi une étude sociologique des États-Unis à différents moments du 20ème siècle et une étude psychologique de la noirceur humaine. Mais de la rédemption aussi. Parfois.

Informations éditoriales

Publié pour la première fois en 1982. 1988 pour la traduction française aux Editions Rivages. Traduit de l’américain par Freddy Michalski. Titre original : Clandestine462 pages.

3 réflexions sur “Clandestin | Les merveilles d’Ellroy

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