Fiction 293 | Les équations froides

Impressions n°170

Je me suis procuré cet exemplaire de Fiction suite à un passage du roman Deadline de Mira Grant qui mentionne une nouvelle contenue dans cette revue : Les équations froides. Cette nouvelle était déjà un vieux machin quand elle fût publiée dans le Fiction 293, datant de septembre 1978, puis qu’elle fut publiée en 1953 dans Astounding aux US. 60 ans donc. Aux US cette nouvelle fait figure de classique, nous explique l’incipit de présentation de la nouvelle. Ceci explique comment elle a pu se retrouver mentionnée dans un livre de zombies du XXIème siècle.

L’équation froide c’est le fait que si la survie d’un individu, aussi innocent soit-il, met en péril un groupe d’individus, la seule solution qui existe est la mort de cet individu, pour la survie du groupe.
C’est ainsi que dans la nouvelle de Godwin, le personnage principal est confronté à une situation inextricable : il est pilote d’un vaisseau spatial qui achemine une cargaison importante puisqu’elle contient un médicament capable de guérir plusieurs personnes gravement malades (si elles n’ont pas le médicament, elles vont mourir) sur une planète éloignée. Le vaisseau contient l’exacte quantité de carburant nécessaire pour l’acheminement d’une personne – le pilote- et les médicaments. Tout poids supplémentaire entraînerait le vaisseau et son contenu à sa perte. Notre pilote se rend compte qu’il héberge une passagère clandestine, une jeune fille un peu naïve croyant qu’elle s’en tirerait avec une amende, qui veut se rendre sur cette planète pour voir son frère. Et l’équation froide d’être inéluctable : d’un côté la jeune fille, une personne, de l’autre le pilote, la jeune fille et les 6 personnes malades, soit 8 personnes. Le pilote connait la loi dans ces cas-là :
Tout passager clandestin découvert dans un SDE sera immédiatement jeté par-dessus bord.
Dans Deadline, Shaun Manson pense à cette nouvelle alors que son petit groupe de blogueurs se trouve en situation désespérée dans un petit bled paumé au milieu de nulle part, coupé de tout, alors que le pays est en pleine flambée zombie : évidemment les grandes villes sont plus importantes. Dans le contexte dans lequel Shaun et ses amis vivent dans la trilogie de Mira Grant, les équations froides s’appliquent au quotidien : qui va rester en arrière pour assurer la survie du groupe ? Qui va prendre la moto car il n’y a plus de place dans la sécurité rassurante de la camionnette ?
Ces équations froides m’ont aussi fait penser à la série Fringe, qui joue de ce concept par effet inverse :  Walter Bishop en sauvant son fils, soit une seule personne, entraîne des dégâts collatéraux sur deux mondes parallèles, causant la mort de milliers de personnes et mettant en péril les deux humanités entières, soit 6 milliards de personnes x 2. Et la balance ne peut être rétablie que par le sacrifice du fils.
Tout ça pour dire que je comprends pourquoi cette nouvelle fait figure de classique tant elle soulève de questions sur la nature humaine et la morale.
J’ai lu les autres nouvelles de la revue mais seule une nouvelle de Yves et Ada Rémy a attiré mon attention : Maison à vendre.
Maison à vendre est une très belle histoire de fantômes et de maison hantée, très touchante. J’aurais envie de mentionner quelques références cinématographiques à laquelle elle m’a fait penser mais cela serait vous dévoiler l’intrigue. En tout cas, le couple Rémy tape juste une fois encore, tout en finesse, dans un style qui traverse les années.
A LIRE SUR LE MÊME THÈME …
POUR ALLER PLUS LOIN
 
Numéro paru en septembre 1978, aux éditions Opta.

Illustration de couverture de Pierre Teulon

190 pages
AILLEURS

6 réflexions sur “Fiction 293 | Les équations froides

  1. C'est marrant, ça me rappelle un épisode d'Hero Corp qui fait référence à une nouvelle de SF qui a été publiée dans un vieux recueil (sauf que j'ai jamais réussi à mettre la main sur le dit recueil, enfin j'ai pas trop insister non plus xD).

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  2. Comment tu t'as procurée un numéro aussi vieux? Ils sont encore en stock ou tu l'as trouvé d'occasion? C'est juste trop bien comme démarche, d'aller rechercher dans le passé une référence lue dans un livre actuel. La plupart des gens dorment et n'y penseraient même pas! 🙂

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