
Ce 116e Bifrost, publié en octobre 2024 par les éditions du Bélial propose un dossier sur Catherine Dufour. Je m’intéresserai dans les présentes impressions aux 4 nouvelles qui ouvrent la revue, à savoir : Les noumènes urbains de Catherine Dufour, La Zone de Ray Nayler, Les Nuits du Vertigo de Mélanie Fazi et La Symphonie des horlogers de Ken Liu. C’est parti…
Les noumènes urbains de Catherine Dufour
Kisz est à la tête de la brigade judiciaire de Samuzette, cité souslunaire. Un jour, une marcheuse des sables lui amène une photo d’un couple d’astronautes morts depuis bien longtemps en surface. Quelque chose d’anormal interpelle Kisz qui décide de partir enquêter.
Le rover dans lequel Kisz avait pris place cahotait sur les pavés de régolithe en direction du cratère mineur indiqué par Edna. Autour d’elle, le silence était absolu, le froid intense et les sables sans fin.
Cette nouvelle se passe dans le même background que le roman Les champs de la Lune. Elle mixe donc son worldbuilding lunaire, le genre du polar (j’ai ouï dire aux Utopiales de la bouche même de l’autrice qu’elle était en train d’écrire un polar se passant en Normandie)(j’ai hâte) et une thématique pas ou peu évoquée dans le roman. Catherine Dufour nous la rappelle en pied de nez : « coucou, je suis toujours là, même sur la Lune ».
La Zone de Ray Nayler
Sal travaille à la surveillance de camions automatisés. Dans ce monde où la majorité des emplois se passent à présent des humains, elle savoure sa chance, malgré des conditions de travail affligeantes. Un de ses camions est en panne dans un secteur peu hospitalier. Grâce à des équipements de surveillance, elle détecte une anomalie dans le paysage. En dépit des conséquences, elle décide d’aller voir (enfin d’envoyer des machines qui verront pour elle, on se comprend).
Sal était l’une des deux seules personnes de sa famille à avoir un emploi, les autres bénéficiaient des subventions accordées par la loi sur l’aide à l’automatisation. Une pauvreté orchestrée, ni plus ni moins, qui vous condamnait chaque semaine au dépôt alimentaire local pour recevoir votre sac de produits de base emballé sous vide.
Texte captivant qui prend la forme d’une enquête, d’un mystère à résoudre, pour prendre la mesure de l’ampleur de sa dimension psycho-sociale. Une nouvelle qui aurait pu figurer au sommaire du numéro sur l’intelligence artificielle.
Parution initiale en 2022. Traduit de l’anglais par L’Epaule d’Orion. Titre original : The Empty.
Les Nuits du Vertigo de Mélanie Fazi
Elliot se rend pour la première fois au Vertigo, haut lieu d’un spectacle des plus étonnants. Il y découvre la possibilité d’être enfin lui-même et de ne plus avoir peur.
« Bienvenue chez les bizarres. Vous allez adorer. »
Le retour de Mélanie Fazi sur la scène de la fiction après de longues années d’absence. Nouvelle d’ambiance se déroulant dans un cabaret. On retrouve dans ce texte beaucoup de l’autrice et comme un besoin irrésistible de trouver un endroit où se sentir en sécurité, accueilli parmi d’autres « monstres, bizarres, tordus, perchés et pas normaux« .
La Symphonie des horlogers de Ken Liu
Au départ de la description de la planète Paek Sigma II dont les habitants ont un rapport au temps étonnant, Ken Liu s’emberlificote dans une démonstration sur le temps tout à fait bien écrite mais d’un ennui profond.
Dans les forêts de nuages de Paek Sigma II, les habitants ne mesurent pas le temps : ils l’étirent et le découpent.
(incipit)
La portée de ce texte m’a complètement échappé. Pourquoi ce salmigondi poético-hardSF un peu vide ? Je ne sais pas. Romain Lucazeau, sors de ce corps !
Parution initiale en 2022. Traduit de l’anglais (US) par Pierre-Paul Durastanti. Titre original : Timekeepers’ Symphony.
Informations éditoriales
Revue publiée en octobre 2024 par les éditions Le Bélial’. Illustration de couverture par Aurélien Police. 192 pages.
Pour aller plus loin
D’autres avis : Quoi de neuf sur ma pile (Les noumènes urbains, La Zone), RSF blog, Les lectures du maki, Les chroniques de FeyGirl, ou signalez-vous en commentaire.
Je vais finir par acheter ce Bifrost juste pour la nouvelle de Mélanie Fazi, je suis très intriguée. Les autres textes ont l’air bien chouettes aussi.
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J’espère que ça te plaira 🙂
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Oh. Quoi ? Ken Liu écrit parfois autre chose que des excellents textes ? C’est presque de la SF en soi.
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C’est avant tout une question de perception ^^ mais qu’est ce que la SF sinon un regard sur le monde ?
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J’ai adoré le texte de Ken Liu, qui est plus un essai sur le temps qui passe et comment on le ressent, plutôt qu’une nouvelle. Texte différent et original qui donne matières à réflexion.
C’est la Mélanie Fazi qui m’ laisse de marbre, j’admire l’écriture, l’ambiance c’est vraiment immersif mais l’histoire ne me parle pas du tout, un monde auquel je suis vraiment hermétique même quand c’est bien écrit.
Les deux autres nouvelles sont au top…
Mais c’est surtout l’interview de Catherine Dufour qui est à retenir.
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J’aurais été étonnée que tu me dises le contraire pour Mélanie Fazi pas l’impression que ses écrits puissent être ta came.
L’interview de Catherine Dufour est un masterpiece 👌
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Et j’en suis désolé pour Mélanie Fazi, c’est tellement bien écrit, si immersif…
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A réessayer peut être mais ses textes sont très majoritairement du fantastique
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Merci pour ces infos, comme d’habitude. 😊
« un polar se passant en Normandie »: oh!! Mais ça m’intéressera aussi!!
« Romain Lucazeau, sors de ce corps ! »: j’ai ri.
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J’ai hâte qu’il sorte ^^
🫢
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