Riverdream |Les vampires selon GRR Martin

Impressions n°51

Nous sommes en 1857, dans le sud des États-Unis, sur le fleuve Mississippi plus précisément. Joshua York, personnage excentrique mais aussi très riche propose un marché au capitaine Abner Marsh : il lui donne l’argent pour construire le plus magnifique bateau à vapeur qui soit à la condition de choisir les destinations et les temps d’arrêt. Ah oui, aussi : il s’enferme le jour dans sa cabine où il est strictement interdit de le déranger, pour n’en sortir que la nuit. La curiosité de Marsh pour son étrange associé le conduira à faire de terrifiantes découvertes …

GRR Martin n’a pas écrit que l’excellentissime Trône de Fer : sur une période de 10 ans, entre 1976 et 1986 il a publié un certain nombre de romans et de recueils, dont Riverdream fait partie. Sans aller jusqu’à être comparable au Grand Œuvre de Martin, Riverdream est un bouquin agréable à lire, sur le thème du vampirisme.

La thématique est abordée de manière assez classique : les gentils contre les méchants, en résumé. Mais ça n’en fait pas un bouquin sans originalité ni sans intérêt. Martin avait déjà un don certain pour camper des personnages attachants et consistants à l’époque où il a écrit Riverdream.

Ainsi notre personnage principal, le capitaine Marsh est un type plutôt bourru de premier abord mais pas si bête et même plutôt futé, passionné par son métier et par les vapeurs, fidèle en amitié et proprement obstiné. En fait, il est plus fort et plus courageux que York, idéaliste philosophe mais néanmoins soumis à sa condition. York est un torturé, Marsh est très terre-à-terre. Cette association invraisemblable va nous offrir une intrigue passionnante et des échanges intéressants.

L’esprit d’Abner n’était pas sans point commun avec son corps. De large dimension et de belle contenance, il était susceptible d’absorber tout un tas de choses.

Du côté des méchants, on trouve également un couple fort : Julian et Billy l’Aigre, son âme damnée. Les rapports entre les deux sont très différents et plutôt de l’ordre dominant-dominé. Ce sont de vrais antagonistes purs et durs et l’on se mettra aisément du côté de Marsh et York.

Le concept de vampire selon Martin est également quelque peu différent de la conception classique. Je n’en dis pas plus : à vous de lire.

Un autre aspect sympathique de cette lecture, est l’époque et le lieu auxquels se déroulent l’action. Le 19ème est certes une période de l’histoire des Etats-Unis qui est passionnante, mais en plus situer l’action sur les fameux bateaux à aubes qui circulaient par centaines sur le Mississippi en ce temps-là, c’est magique. D’autant que l’auteur s’est donné la peine de se renseigner sur le sujet. Il nous offre donc des descriptions superbes et très réalistes.

Des vapeurs arrimés bord à bord sur un quai de quatre miles de long peuvent produire une belle quantité de fumée. Ces fuligineuses s’entremêlaient pour nourrir un énorme nuage noir en suspension, cent pieds au-dessus de l’eau, un nuage chargé de cendres, piqué d’escarbilles incandescentes, poussé par le vent. Et ce nuage enflait, enflait au fur et à mesure que le vapeurs chauffaient leur eau et vomissaient leur fumée, au point qu’il finissait par faire écran au soleil et ramper face à la ville.

J’aurais un reproche à faire à la traduction du titre. Riverdream, ça ne correspond à rien du tout. Certes, c’est sans doute plus vendeur, mais cela n’a aucun sens. Le nom du bateau (et le titre du livre) est « Fevre Dream », « Fevre » qui se prononce de la même manière que « fever »(la fièvre au sens propre et au sens figuré), qui a son importance dans le livre. Le nom du bateau en français est « Rêve de Fèvre ». N’aurait-il pas mieux valu, dans ce cas (jeu de mots intraduisible), garder le nom anglais et de mettre un note du traducteur en bas de page ?

Informations éditoriales

 

Publié pour la première fois en 1983. 2005 pour la présente traduction chez Mnémos.. Traduit de l’américain par Alain Robert. Titre original : Fevre Dream. 507 pages

Pour aller plus loin

 

D’autres avis : Gromovar, Arutha, Mes Imaginaires,

Livre lu en compagnie du Cercle d’Atuan. Les avis des copains du Cercle : Spocky, Olya, Tortoise, Vert, Julien, Quadrant Alpha.

8 réflexions sur “Riverdream |Les vampires selon GRR Martin

  1. Agréable à lire ?! Mazette, c'est un des meilleurs romans que j'ai lus sur le thème des vampire : tout est parfait, la narration, l'intrigue, l'ambiance des bateaux sur le Mississipi. Bref, j'adore ce livre !

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  2. Une magnifique évocation de cette période cruciale des USA et de ce cadre si particulier de la marine marchande du Mississippi. Alors quand en plus Martin se fait plaisir en torturant les codes Vampiriques pour mieux jouer avec ses lecteurs, ce n'est que du bonheur. Un excellent roman.

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  3. Je suis tout à fait d'accord avec toi Lilly, quant à la traduction du titre. Je comprendrai jamais pourquoi ils saccagent les titres comme ça.

    C'est comme lorsqu'ils tronçonnent les bouquins en deux pour faire plus de tomes à vendre …

    Mais bon, malgré la traduction du livre, il faut admettre que ce fut une très belle et agréable lecture !

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