Le monde perdu | Naturalisme dinosaurien

Impressions n°127

Six ans après le catastrophique essai du richissime Hammond d’ouvrir un parc d’attractions remplis de vrais dinosaures, on retrouve Ian Malcolm, miraculeusement ressuscité. Il est en lutte amicale avec le professeur Levine qui recherche des dinosaures, un fameux « monde perdu » à travers la terre. La présence de lézards non identifiés sur des îles de la Costa Rica l’incite à se rendre directement sur place. Et le voilà qu’il disparaît en laissant un appel au secours.

Déjà pour commencer : ce n’est pas bien de ressusciter un personnage que l’on avait tué dans un premier tome. L’entourloupe est passable mais je trouve ça vraiment trop facile. Évidemment Malcolm était le personnage un peu marrant de Jurassic Park, on peut comprendre que Crichton aie eu envie de le réutiliser.

– Ils viennent droit sur nous !
– J’ai remarqué, fit Malcolm.

Avant que les gens ne commencent à se faire manger par les dinosaures, l’histoire est assez contemplative : observation des dinosaures et apprentissage de leur mode de vie. Cela donne lieu à des séquences très sympas. En fait, on pourrait presque croire que tout va bien.
Malcolm a même laissé tomber sa théorie du chaos pour faire un laïus  sur la théorie de l’évolution. Vous vous doutez que cela ne va pas durer bien longtemps, avec l’introduction de méchants venus piquer des œufs de dinosaures, de T rex qui défendent leur progéniture à tout prix et de raptors devenus des délinquants sans foi ni loi (mais avec beaucoup de dents). Ces derniers sont d’ailleurs moins futés et organisés que dans les films.
 
J’ai particulièrement apprécié le personnage de Sarah.  Elle m’a scotché dans une scène hallucinante en faisant un truc d’un courage extrême et à la fois super choquant,  pour quelqu’un doté d’une empathie normale. Pourtant ce n’était pas gagné car j’avais trouvé son attitude sur le bateau de Dogson particulièrement quiche (non mais sérieusement, elle n’a RIEN vu venir !?).

Le trait caractéristique de l’humanité n’est pas la conscience, mais la conformité, et le résultat caractéristique est l’affrontement religieux. Les autres animaux se battent pour un territoire ou pour la nourriture ; nous sommes les seuls dans le règne animal à nous battre pour nos « croyances ».

Le livre se lit à toute vitesse. J’ai dû avaler les 200 dernières pages presque qu’aussi vite qu’un raptor ne s’enfile un jambonneau de tricératops. Par contre on est beaucoup moins dans la réflexion autour du thème « les hommes sont d’incommensurables orgueilleux qui ne mesurent pas la porté de leurs actes ».
Ici les questions sont davantage naturalistes : comment ces dinosaures ont-ils été fabriqués, comment se sont-ils organisés, est-ce que l’existence dans l’île est pérenne ou transitoire ? Ce n’est pas inintéressant du tout, j’ai vraiment beaucoup apprécié les passages « vies et mœurs d’un dinosaure » même si cela manquait de réalisme et de profondeur. Mais du coup la portée du bouquin me parait moindre et se placer dans la catégorie « agréable lecture de divertissement ».
 

Maintenant, j’ai envie de lire le livre éponyme d’Arthur Conan Doyle.



POUR ALLER PLUS LOIN



Publié en 1995.

1996 pour la traduction française chez Robert Laffont.

Titre original : The lost world

Traduit de l’anglais (américain) par Patrick Berthon.

Illustration de couverture par Paul Souders / Getty Images. Atelier David Pairé.

474 pages.



AILLEURS

 

CITRIQ


Livre lu en lecture commune avec Endea









15 réflexions sur “Le monde perdu | Naturalisme dinosaurien

  1. C'est vrai que cela se lit vite. C'est vrai aussi que la décision de Sarah à rester bouche bée.
    Mais ce livre ne m'a pas convaincue malgré tout, il y a bien trop d'incohérences et bien trop de trucs arrangeants entre le premier et le second, la mort de Malcolm en faisant le point culminant !

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  2. Alors que j'avais adoré « Jurassic Park » à l'époque, je n'ai pas continué avec « Le monde perdu » (en même temps, je me demande s'il était déjà sorti…). Voilà qui me confirme que j'ai bien fait, je me garde mon souvenir alors ^_^.

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  3. Ha! Contente que ça t'ait plu quand même. Moi je ne suis pas très objective à partir du moment où il y a des dinosaures, et j'adore… Mais je trouve néanmoins ce bouquin réussi si tu tiens compte que Crichton l'a écrit après que JP ait cartonné au ciné, à la demande du public et surtout de Spielberg, en vue d'en faire un 2e film… En fait je pense que c'est pour ça qu'il ressuscite Ian, car le personnage Malcolm/Goldblum était le plus populaire de JP (peut-être même qu'ils savaient déjà que Goldblum voulait bien tourner une suite?).
    En ce vendredi matin mon souvenir du livre est relativement nébuleux, mais j'avais adoré l'explication concernant la dégénérescence des raptors, liée à leur organisation sociale et au fait qu'il faut des adultes pour éduquer les petits, leur comportement étant acquis plutôt qu'inné…

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  4. Ceci explique sans doute cela …

    Oui l'explication est en effet intéressante et est certainement possible mais ce qui me dérange là dedans c'est que ce n'est pas le cas des autres animaux. Pourquoi les raptors alors que les T Rex s'occupent de leur progéniture aussi bien que Mary Poppins ?

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  5. Anonyme

    Bonjour à tous. J'ai lu les deux livres.Chacun fait passer un message (en plus de l'intrigue du livre).Dans le premier il s'agit du danger de la manipulation génétique et dans le deuxième surtout le thème de l'extinction des espèces.C'est de la part de l'auteur une bonne réflexion globale d'actualité

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