Dans les veines | Anti-Twilight

Impressions n°236

J’ai adoré l’entrée en matière dense, violente, à vous donner des sueurs froides. J’ai adoré l’écriture de l’autrice qui sait prendre aux tripes quand elle décrit un massacre autant que lorsqu’elle décrit des scènes d’amour perverses. J’ai moins aimé la langueur monotone des atermoiements amoureux et le caractère gothico-ado de Lily. J’ai moins aimé une intrigue flottante autour de scènes trash trop nombreuses.

Un début prometteur

Le récit commence fort : une citation d’introduction d’un maître de l’horreur : Richard Matheson et un prologue glaçant. La première partie est très réussie, très dense. Elle pose le décor, l’ambiance et les personnages : les vampires d’un côté, les êtres vivants de l’autre. JF, Seiko, Damian et Gabriel. Lily, Violaine, Baron et Brune.

Une antidote au fantasme du vampire

Si tous ces personnages sont importants, Lily reste la figure centrale : stéréotype de l’ado dysfonctionnel sur qui toute la misère du monde s’abat et qui se réfugie dans un comportement lugubre. On est souvent dans sa tête et cela devient étouffant parfois. Et puis il y a trop de la relation Damian/Lily. Ça sort par les yeux et tous les orifices du corps : les roucoulades, toi et moi, moi non plus… Morgane Caussarieu se joue des codes de la bit-lit en nous en mettant plein la vue pour les retourner. Le roman est une antidote au fantasme gothico-pervers qui anime sans doute une certaine jeunesse. Mais de ce fait, cela m’a donné l’impression de ne pas être la cible du livre.

Le personnage de Baron

Pour parler d’un autre personnage, j’ai trouvé celui de Baron particulièrement intéressant. Détestable aussi, on n’a pas le choix, vous comprendrez en lisant le livre. C’est un personnage très perturbant car il est détestable et en même temps tellement normal dans son rôle de flic bougon dépassé par la vague meurtrière qui s’est abattue sur sa ville. Lorsqu’il est introduit, on ressent de la sympathie pour lui. Et puis on comprend le truc qui cloche à demi-mot et puis le demi-mot devient le mot tout court. Je l’ai trouvé réaliste. Parce que la vie c’est pas les monstres d’un côté et les gentils de l’autre, c’est souvent plus compliqué que ça.

Une intrigue qui manque de consistance

Cela fonctionne jusqu’à un certain point mais que tout cela manque d’équilibrage : quand c’est trop c’est trop. Comme si l’auteure voulait rajouter une couche de gratuité à la violence des vampires en ajoutant des scènes de violence là où il n’y en avait pas forcément  besoin. Cela masque une intrigue qui manque de consistance mais au final une lassitude vaguement nauséeuse s’empare du lecteur.

 

Ce n’est pas l’empathie qui nous étreint à la lecture mais bien le dégoût et la sidération. L’enchaînement gratuit de scènes trash soulève littéralement le cœur, jusqu’au paroxysme de l’horreur.

Une lecture commune enrichissante

Après avoir dévoré Je suis ton ombre, j’ai profité des Utopiales pour faire l’acquisition du premier roman de Morgane Caussarieu. J’ai donc jeté mon dévolu sur l’édition poche de Dans les veines et ai profité de la présence de l’auteure pour le faire dédicacer.

De retour des Utos, Cornwall et moi, nous nous lançons dans une lecture commune de cette histoire de vampires qui sèment la terreur sur Bordeaux pendant un été de canicule. Une lecture commune un peu chaotique du fait de nos emplois du temps respectifs assez peu compatibles et momentanément interrompue par les attentats de Paris (ce surréalisme des temps modernes) mais très enrichissante.

 

Informations éditoriales

 
Publié chez Mnémos en 2012. 2015 pour l’édition poche chez Hélios. Photo de couverture Eliza Lazo / Arcangel Images. 443 pages soit 2.6 cm d’épaisseur.

Chez les blogopotes

https://arieste.wordpress.com/2015/09/01/challenge-prix-litteraires-de-limaginaire/
Deuxième Participation

Prix Histoires de romans 2013

16 réflexions sur “Dans les veines | Anti-Twilight

  1. J'étais un peu nauséeuse au final du livre, je me rends compte à présent que c'était beaucoup trop trash pour moi. Même si cela n'enlève pas sa qualité à ce roman fort et cruel qui nous livre une sacré palette de personnages. Le côté romance entre Lily et le vamp est un tantinet pénible c'est vrai.

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  2. Ahah perso, ça serait pas le trash qui me gonflerait mais bien la romance ado… x) Avec cette impression certaine que ça me gacherait le roman, je vais probablement me contenter de Je suis ton ombre. Pis de toute façon, y'en a aucun de dispo à la bibliothèque, donc pour l'instant le problème est résolu ! :p

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  3. Le trash ne gonfle pas, il écœure car il y en a trop. La romance ado est gonflante en effet. Mais j'ai l'impression que le livre s'adresse aux lecteurs de Twilight (et qui ont kiffé ça) qui ont un peu grandi, pour leur démontrer que non un vampire c'est pas gentil.
    Il va falloir faire du lobbying pour que ta bibli acquière Je suis ton ombre :p Je ne sais pas ce qu'il en est maintenant mais quand j'ai du lire le livre cet été, ils ne l'avaient pas dans les biblio parisiennes non plus … Trop trash peut-être ?

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