Le grand bordel de l’Ă©volution | đŸ€ŻđŸ€ŻđŸ€ŻđŸ€ŻđŸ€Ż

le grand bordel de l'évolution léo grasset

Le grand bordel de l’Ă©volution est un essai de vulgarisation scientifique Ă©crit par LĂ©o Grasset, de la chaine Youtube Dirtybiology. Il a Ă©tĂ© publiĂ© en novembre 2021 chez Flammarion. Voyons voir ensemble comment la biologie peut ĂȘtre fun et bordĂ©lique


Dirtybiology 

Dirtybiology est une chaine Youtube crĂ©Ă©e par LĂ©o Grasset en juin 2014 qui compte aujourd’hui prĂšs d’1,3 millions d’abonnĂ©s (prĂšs de 2% de la population française !). Je la suis depuis longtemps, pas depuis le tout dĂ©but mais comme j’ai regardĂ© l’intĂ©gralitĂ© du contenu, c’est tout comme. C’est une de mes chaines Youtube prĂ©fĂ©rĂ©e. Ce que j’aime particuliĂšrement dans cette chaine c’est d’une part l’originalitĂ© des sujets (Vous ĂȘtes de sang royal, Pourquoi le PQ est sous-optimal ?) et d’autre part qu’elle dĂ©passe la biologie pure pour nous faire rĂ©flĂ©chir Ă  la vie, l’univers et le reste  et Ă  nous retourner le cerveau (Combien de personnes sommes-nous dans une vie ?, La vie est-elle un gros coup de chance ?). 

J’ai aussi lu et apprĂ©ciĂ© la bande dessinĂ©e que LĂ©o Grasset a cocrĂ©Ă©e avec son frĂšre, Colas (Grasset aussi, donc) La grande aventure du sexe, publiĂ©e dans la collection Octopus qui se propose de vulgariser des tas de sujets et dont j’ai parlĂ© il y a quelques annĂ©es  (c’est la collec de la bd L’esprit critique).

Autant vous dire qu’il ne m’a pas fallu y rĂ©flĂ©chir longtemps pour ajouter ce titre Ă  ma wish de NoĂ«l et de l’entamer rapidement aprĂšs l’avoir reçu.

Comment Ă©crire un bouquin sur un sujet aussi bordĂ©lique que la biologie de l’Ă©volution ?

Avec beaucoup de souffrance si j’en crois certaines allusions dans le bouquin. 

Le livre est divisé en deux grandes parties :

  • Les grandes questions
  • Les mindfucks humains

Elles-mĂȘmes divisĂ©es en chapitres, eux-mĂȘmes divisĂ©s en sous-titres. Il y a  une table des matiĂšres, donc c’est pratique si vous suivez le conseil de l’auteur (voir plus bas).

Je voulais vous prĂ©senter un peu ce que les deux parties proposent comme spĂ©cificitĂ© et c’est lĂ  que je me rends compte que ce livre, sous couvert de ce bel agencement organisĂ©, est bien bordĂ©lique tout de mĂȘme (ok le titre spoile un peu) et que j’en serais incapable. Bref, c’est bourrĂ© d’anecdotes mais des anecdotes qui suivent une argumentation Ă©tayĂ©e sur un chapitre, donc on ne se perd pas du tout.

Par exemple, il y a tout un chapitre consacrĂ© au fait que la vie c’est compliquĂ© et que les scientifiques n’arrivent pas Ă  se mettre d’accord sur une dĂ©finition, exemples Ă  l’appui. Ou encore un chapitre sur pourquoi les organes gĂ©nitaux Ă©voluent si vite et surtout pourquoi il y a autant de diversitĂ© de forme, de taille, de trucs bizarres, du cĂŽtĂ© de cette organe alors qu’un organe comme le cƓur par exemple est beaucoup plus standardisĂ©.

Canard au pĂ©nis et vagin en tire-bouchon, femelle kangourou aux trois vagins, calmar aux grenades Ă  sperme
 Les organes sexuels prĂ©sentent une diversitĂ© dingue et semblent Ă©chapper aux lois qui pilotent l’Ă©volution des autres organes.

On y trouve aussi une bibliographie, ce qui est plutĂŽt bon signe, qui s’ouvre (haha) sur une mĂ©taphore trĂšs poĂ©tique. Je ne sais pas si c’est bon signe mais ça m’a fait sourire. Le livre est illustrĂ© (Alice Mazel) ce qui est toujours un plus indĂ©niable dans un livre de vulgarisation.

Comment lire un bouquin sur un sujet aussi bordĂ©lique que la biologie de l’Ă©volution ?

Dans le prĂ©ambule, l’auteur donne deux conseils : ne pas aborder les chapitres dans l’ordre d’agencement et ne pas lire tout le livre d’un coup. Conseils que je n’ai absolument pas suivis ÂŻ\_(ツ)_/ÂŻ Le premier parce que mon cerveau a dĂ©cidĂ© qu’un livre Ă©tait un objet linĂ©aire avec un dĂ©but et une fin. Le second parce que le contenu Ă©tait passionnant et que les pages se tournaient toutes seules, pourquoi arrĂȘter ?

D’ailleurs, je dĂ©conseille la lecture d’un coup : le livre est assez fouillis, et il y a beaucoup, beaucoup de notes de bas de page 1. C’est fatiguant qui a Ă©crit un truc pareil ? En tout cas, ça peut ĂȘtre tout Ă  fait indigeste, donc allez-y tranquille.

Donc j’ai lu Le grand bordel de l’Ă©volution dans l’ordre, sur moins d’une semaine de temps et en fait ça va. Donc j’aurais envie de dire que c’est de la bonne came vulgarisatrice : si vous connaissez la chaine YT, vous y retrouverez l’humour de LĂ©o Grasset, son ingĂ©niositĂ© Ă  dĂ©gotter des phĂ©nomĂšnes farfelus pour vous expliquer un concept. Et puis surtout c’est jamais abscons.

On en vient Ă  l’autre grande qualitĂ© de cet essai, c’est sa capacitĂ© Ă  nous faire prendre des chemins de traverse, Ă  nous montrer que l’Ă©volution n’est pas fournie avec le mode d’emploi et que c’est un enfer bourrĂ© d’exceptions aux rĂšgles que les biologistes essaient de comprendre.

En d’autres termes, le passe-temps prĂ©fĂ©rĂ© de l’Ă©volution semble vraisemblablement ĂȘtre de dĂ©truire les gĂ©nĂ©ralisations simplistes des biologistes ! 

De lĂ , on en arrive au mindfuck promis sur la quatriĂšme et dont LĂ©o Grasset est coutumier. Eh bien on est servi ! Evidemment on retrouvera certains sujets dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©s dans les vidĂ©os de la chaine (le saviez-tu : le rose n’existe pas). J’ai l’avantage incontestable dans ce genre de situation d’ĂȘtre dotĂ©e d’une mĂ©moire de merde, mais il y a suffisamment de grain Ă  moudre, de rat-taupes Ă  observer et de cĂ©rumen Ă  qualifier pour y trouver son compte.

En tout cas, j’y ai complĂštement retrouvĂ© ce qui fait mon petit plaisir de regarder un Ă©pisode de Dirtybiology : ce truc qui nous fait dĂ©passer stricto sensu les phĂ©nomĂšnes hyper concrets comme la mort, la forme des pĂ©nis, les lapins en Australie ou l’obĂ©sitĂ© dans les Ăźles polynĂ©siennes Ă  des rĂ©flexions sur la vie et nos comportements, notre place dans l’arbre foisonnant de l’Ă©volution, avec la consĂ©quence de faire surgir davantage de questions que de recevoir de rĂ©ponses.

Les rĂ©ponses apportĂ©es en enquĂȘtant sur la nature des couleurs peuvent se transposer trĂšs facilement. aux questions sur la nature des perceptions et de la « rĂ©alitĂ© » de notre expĂ©rience sensible. Le monde que mes yeux perçoivent est-il rĂ©alitĂ© ou fiction ? Le monde rĂ©el existe-t-il tout simplement en dehors de moi ?

Le grand bordel de l’Ă©volution fait preuve d’une capacitĂ© Ă©tonnante Ă  nous montrer simplement et avec enthousiasme que l’Ă©volution c’est compliquĂ© et que c’est pour ça que c’est chouette. BourrĂ© d’anecdotes drĂŽles et passionnantes, cet essai est un vrai page turner de vulgarisation scientifique. A mettre entre toutes les mains.

 1 Huhu, je crois que LĂ©o Grasset ne lit pas de roman d’Emile Zola. On y tient tout de mĂȘme le haut du pavĂ© de la note de bas de page. Par exemple :  « voir note p.56 ». La note page 56 est plus courte que « voir note p.56 ». Je me demanderai toujours quel esprit malade conçoit ce genre de note de bas de page (un esprit moins malade cependant que celui qui met les notes de bas de page Ă  la fin de l’ouvrage).

Informations Ă©ditoriales

Essai écrit par Léo Grasset. Publié chez Flammarion en 2021. Illustrations par Alice Mazel, y inclus les illustrations de couverture. 353 pages. Contient une bibliographie.

Pour aller plus loin

La chaine Youtube Dirtybiology.
D’autres avis : Kiriiti’s blog,  ou signalez-vous en commentaire.

18 commentaires sur « Le grand bordel de l’Ă©volution | đŸ€ŻđŸ€ŻđŸ€ŻđŸ€ŻđŸ€Ż »

  1. Aah, j’adore ce genre de livre ! Je le rajoute sur ma (longue) wishlist, j’aimerais bien lire plus de vulga cette annĂ©e en plus.
    Merci d’en parler parce que je l’avais ratĂ© !

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  2. Est-ce qu’avoir « mindfuck » dans son texte ne serait pas la seule raison qui rend la prĂ©sence d’un bandeau acceptable ?
    Ça a l’air super. Bon, je doute de me lancer un jour, de la mĂȘme maniĂšre que je ne prends jamais le temps de regarder ce genre de vidĂ©os alors mĂȘme que je trouve ça top quand je le fais. Mais ça a l’air super. ^^
    « qu’un livre Ă©tait un objet linĂ©aire avec un dĂ©but et une fin » : les LDVELH ne sont pas des livres alors ? 👀
    Tu as clairement trop d’expĂ©rience pour les notes de bas de page. xD

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    1. Haha, peut petre ou pas. A dire vrai l’image existe sans doute mais j’ai mĂȘme pas fait gaffe.
      Les vidĂ©os c’est sans doute plus simples alors si tu as du mal Ă  te dĂ©cider, elles sont souvent courtes en plus, ça se glisse facilement entre 2 trucs.
      Ha si c’est un livre les ldvelh, c’est juste un livre un peu spĂ©cial. Si LĂ©o Grasset avait construit son livre comme un ldvelh je l’aurais lu comme tel, mais lĂ  Ă  la fin d’un paragraphe j’avais rien pour me guider, sauf passer Ă  la ligne suivante :p

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  3. C’est exactement le genre de livre que je veux traduire, donc je suis ravie que ce ne soit pas une traduction, ça m’Ă©viter de jalouser le confrĂšre ou la consƓur qui l’a traduit. 🙈
    Bon c’est chouette. Il faudrait que je m’abonne Ă  sa chaĂźne, mais je suis dĂ©jĂ  complĂštement larguĂ©e par mes abonnements…
    LOL la note de bas de page zolienne (et le fait que tu parles de Zola dans une chronique sur un bouquin de vulgarisation scientifique!!!!). Tu te souviens dans quel roman c’Ă©tait?
    LOL aussi le titre de chronique en Ă©mojis. Ça t’a tellement retournĂ© le cerveau que tu en as perdu tes mots, c’est ça? 😂

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