Resilient thinking | L’éternité devant soi

resilient thinking raphael gragnier de cassagnac

Resilient thinking est un roman écrit par Raphaël Granier de Cassagnac. Publié chez Mnémos en janvier 2022, il est le troisième opus d’une trilogie dont je n’ai pas lu les deux premiers. Et ce n’est pas grave. Je vous touche quelques mots de ce roman postapocalyptique avec des IA dedans.

Aborder Eternity dans le désordre

« dont je n’ai pas lu les deux premiers. Et ce n’est pas grave. » -> non je n’ai pas été kidnappée et ceci n’est pas un appel à l’aide. Oui pour de vrai, on peut lire Resilient Thinking sans avoir lu Eternity Incorporated et Thinking Eternity, qui constituent le premier et le second volumes. 

Comme je ne les ai pas lus, je ne sais pas ce que j’ai manqué ou appris différemment. Au vu de leurs résumés, il est plus que probable que lire Resilient Thinking en ayant lu les deux précédents apporte une expérience de lecture bien différente. Ce ne pourra jamais être la mienne. A vous de voir ce qui est le mieux pour vous. Pour ma part, je ne regrette pas du tout ma lecture enthousiaste de ce roman.

Tous à Zanzibar

Dans le futur d’Eternity,  un Super Virus a annihilé toute vie humaine sur Terre, à deux exceptions près :

  • des humains se sont réfugiés dans des bulles régies par des intelligences artificielles. Eparpillées aux 4 coins de la planète, elles mettent les humains à l’abri d’un monde extérieur rendu mortel à cause du virus. Ils vivent et se reproduisent à l’intérieur de ces bulles.
  • d’autres vivent dans une navette spatiale qui transite dans le système solaire. Ils sont en contact sporadique avec les bulles. 

Sauf que.. twist… déjà, les confinés dans leur bulles ne donnent plus signe de vie, mais surtout ils ne sont pas les seuls survivants sur Terre… Des humains vivent à l’extérieur des bulles

Resilient Thinking est un roman chorale qui adopte le point de vue de chacun des représentants des différentes castes d’une société qui s’est reconstruite sur l’île de Zanzibar et ses alentours, en dehors de tout contact avec les bulles et le vaisseau spatial. Nous sommes 6 siècles après le Super Virus quand les éternautes se rendent compte de leur existence et vont initier le contact. La rencontre entre cette communauté et les éternautes sera centrale dans l’intrigue avec quelques chocs des cultures en perspective, entre autre sur la conception de la reproduction, de l’histoire originelle de la fin du monde et de la relation aux IA qui en découle.

Assis à son bureau, le dernier astier écrit. Comme ses prédécesseurs depuis dix siècles, Salim consigne la mémoire des Résilients, de la pointe de son stylo-plume. En ce jour, trois faits lui paraissent dignes d’être rapportés par l’Atlas de Survie. Primo, un escarte prétend avoir constaté le passage dans le ciel nocturne d’une étoile étonnamment brillante et filante, qu’il guettera à nouveau cette nuit. Secundo, un dissident présumé a été arrêté dans le nord de l’île alors qu’il s’apprêtait à outrepasser les limites de la zone explorable. Tertio, le navire Abondance est rentré, les cales pleines d’une riche moisson faite sur le continent : des tonnes de ferraille surtout.
(incipit)

Personnages résilients

J’ai beaucoup aimé cette lecture rythmée à l’écriture très fluide et agréable à lire pour plusieurs raisons. Tout d’abord, est-ce que je vous ai déjà dit que j’aimais beaucoup le postapo ? Donc oui j’aime le postapo, surtout dans son rapport au recommencement à partir des artefacts du passé. Resilient thinking propose une version plutôt optimiste, ancrée dans une origin story notable.

L’intrigue autour des IA n’est pas ce qui m’a intéressé le plus dans le roman mais s’est avérée néanmoins prenante. Ce n’est pas réaliste, en tout cas on en est encore loin, dirons-nous, cf. Comment parle un robot ? de Frédéric Landragin paru au Bélial) mais, après tout, on s’en fout, ça fait une très chouette histoire.

Ce que j’ai aussi aimé, ce sont les personnages et le roman choral. Les personnages points de vue sont assez archétypaux (ça n’en fait pas des coquilles vides pour autant). Cela ne me semble pas déconnant avec l’univers postapo qui doit pousser les humains dans leurs fonctions pour optimiser leur survie. Ils sont de ce fait très distincts les uns des autres et cela se ressent dans leur façon de parler (Maria vs Salim) et leur comportement. Mon préféré c’est Salim car il est archiviste et j’aime bien l’idée d’un archiviste de postapo, dernier rempart contre l’oubli, un rôle passionnant chargé de collecter les informations du présent et du passé. Citons aussi Shéhérazade qui a une place particulièrement centrale. Ainsi que les deux AI de l’histoire, Caïn et Lia, le premier qui ne dit pas toutes ses intentions, la seconde très droite dans ses bottes car non conçue pour exprimer des sentiments.

En bref, Resilient Thinking est un chouette roman postapocalyptique portant une reconstruction optimiste de l’humanité et mettant les IA super développées au centre de son intrigue. Une lecture rythmée, une écriture agréable en compagnie de personnages construits autour de leur rôle dans cette société de survivants, de quoi passer un bon moment. 

Informations éditoriales

Roman écrit par Raphaël Gragnier de Cassagnac. Publié aux éditions Mnémos en janvier 2022. Tome 3 de la série Eternity. Illustration de couverture par Scott Uminga. 312 pages.

Pour aller plus loin

D’autres avis : Les chroniques de FeyGirl, Les lectures du maki, Navigatrice de l’imaginaire, Le nocher des livres, ou signalez-vous en commentaire.

19 commentaires sur « Resilient thinking | L’éternité devant soi »

  1. « non je n’ai pas été kidnappée et ceci n’est pas un appel à l’aide » : c’est vraiment pas sympa de piquer mes commentaires, j’écris quoi maintenant moi ?
    Tu as envie de lire les deux autres du coup ? Je crois que je les ai déjà croisés à la bibliothèque, mais sans jamais les envisager. Je devrais peut-être y réfléchir un peu plus. Il n’y a rien qui m’attire particulièrement, mais on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.

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    1. T’as vu, j’anticipe tous tes commentaires 😏
      Alors j’ai eu envie de lire les 2 autres mais j’ai vu dans les commentaires chez FeyGirl qu’ils étaient très sombres et comme ce livre est plutôt optimiste ça m’a coupé l’envie de retourner dans le même univers pour y lire des trucs sombres.
      S’il n’y a rien qui t’attire particulièrement, je suis pas sûre que ça vaille le coup que tu te penches dessus, à moins d’avoir 1 opportunité bien placée en mode « why not ».

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  2. Ooooooooh ça me rappelle que j’ai Eternity incorporated dans ma PAL depuis mes 1ères Utos ^^
    ça craint du boudin…
    Mais c’est motivant de lire que tu as apprécié ce 3ème et que le style est agréable. Motivant aussi de savoir que c’est du post-apo (team post apo :p ) parce que forcément, vu ma date d’acquisition d’ E.I. je ne me souvenais plus du contenu. :p

    Bref, ça sent une lecture prochaine.

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