Nos futurs | Niveau 9 sur l’échelle de l’éco-anxiété

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Nos futurs est une anthologie regroupant 10 textes scientifiques et 10 textes de fiction, destiné à alerter sur le changement climatique et ses conséquences. Il a été publié en 2021 en grand format chez ActuSF. Je l’ai lu dans sa version poche chez Hélios, sortie en 2022. Je vous en touche quelques mots.

Un projet éditorial

Le projet éditorial derrière Nos futurs est ambitieux et le livre une somme de près de 700 pages. 10 textes écrits par des scientifiques qui proposent des articles de vulgarisation sur des sujets variés concernés par le réchauffement climatique : la gestion des sols, l’eau, le carbone, etc. 10 textes de fiction écrits par des auteurs et autrices francophones bien connus de l’imaginaire, comme Sylvie Lainé, Catherine Dufour ou Laurent Genefort.

L’ouvrage comprend également un avant-propos, une présentation des anthologistes, une préface et une présentation de différentes associations et organismes qui ont contribué au projet.

A la hauteur de son ambition

Je dois vous prévenir que je ne ferai pas de recension nouvelle par nouvelle car ma lecture a été beaucoup trop décousue, avec peu de prise de notes. Rappelez-moi de ne plus jamais lire de nouvelles dans le RER, ça ne va pas du tout, du tout, du tout.

Je ne m’étais pas rendue compte en commençant Nos futurs à quel point le projet était ambitieux. Et qui dit ambition, dit potentialité casse-gueule démultipliée. Il n’en est rien ici. Le résultat est clairement à la hauteur de ce qui est annoncé. Du fait de ma relative naïveté quant à la teneur exacte de ce recueil, cela en fait une très bonne surprise.

Comme d’habitude dans ce type d’anthologie, certaines nouvelles plairont plus ou moins selon les sensibilités de chacun. Mais je trouve qu’aucun titre ne semble en-dessous des autres en terme de narration et de propos. Pour ma part, les nouvelles qui ont le plus trouvé écho en moi sont : Au pied du manguier de Sylvie Lainé, Trois poney morts de Chloé Chevalier, 2030/2300 de Jean-Marc Ligny et Sanctuaires de Pierre Bordage.

A la teneur en éco-anxiété élevée

Par contre, ce qui n’est vraiment pas facile à vivre avec cette anthologie, c’est l’éco-anxiété qui monte en flèche. J’ai tendance à éviter d’être trop baignée dans les sujets concernant l’écologie et le réchauffement climatique car cela entraine en moi des sensations extrêmement désagréables qui sont davantage de l’ordre de l‘immense tristesse que de la colère (qui est à mon sens plus efficace pour agir).

Par le passé, je me suis désabonnée de 2 podcasts pour cette raison : De cause à effets d’Aurélie Luneau que j’avais, dans un premier temps, suivie sur cette émission après l’arrêt de La marche des sciences et La terre au carré, la nouvelle mouture de La tête au carré. Je me contente généralement d’en entendre parler de façon plus indirecte ou des épisodes spécifiques de La méthode scientifique par exemple.

Bref, je n’avais pas mesuré l’impact psychologique que cette lecture pouvait avoir sur moi. Je pense que cela vient des textes de vulgarisation scientifique principalement puisque la fiction seule n’a pas cet effet sur moi, même quand elle est très réaliste. 

Ne croyez pas que je pratique la politique de l’autruche en agissant comme ça. J’essaie de me préserver afin de continuer à vivre, dans un monde qui, globalement, s’en bat les steaks du réchauffement climatique et des torts qu’on cause à l’environnement. 

J’en suis à un stade où j’aurais vraiment besoin que l’Etat prenne des mesures plus coercitives à l’égard des industries, des entreprises et des super riches, pour qu’on n’ait pas besoin, d’un jour, à en venir à s’en prendre à monsieur et madame tout le monde, comme décrit dans Trois poneys morts et sa carte carbone. J’aurais besoin que l’Etat décide d’investissements massifs dans l’éducation nationale pour faire de l’écologie une matière en soi pour qu’on n’ait pas besoin d’en venir à devoir proposer des applications ultra-intrusives pour inciter les gens à bien se comporter, comme dans Home de Laurent Genefort. 

Nos futurs est clairement à la hauteur de son ambition. Les textes de vulgarisation et les textes de fiction sont de très bonne qualité. Ce livre est une somme, plutôt à grignoter qu’à lire d’un seul bloc. Déjà, car il est touffu mais également parce que, potentiellement, il affolera votre compteur d’éco-anxiété.

Informations éditoriales

Recueil de nouvelles écrit par un grand nombre de personnes dont vous trouverez la liste, ainsi que le sommaire complet sur NooSFere. Publié chez ActuSF en 2021, Helios pour le poche en 2022. Couverture par YAK/Fondation ELYX. 673 pages.

Pour aller plus loin

D’autres avis :  Fourbis et têtologie, Ombre Bones, Au pays des cave trolls, Les critiques de Yuyine, Sometimes a book, Le bibliocosme, ou signalez-vous en commentaire.

17 commentaires sur « Nos futurs | Niveau 9 sur l’échelle de l’éco-anxiété »

  1. Niveau éco-anxiété, je suis déjà pas mal (j’ai moi aussi abandonné La terre au carré…), raison pour laquelle je ne me suis pas précipitée sur cette anthologie, bien qu’elle vaille manifestement le détour. Et je n’avais pas réalisé qu’elle était aussi copieuse (un vrai petit pavé 😉).

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    1. Oui je n’ai pas compris ça avant mais en même temps c’est une chouette initiative, je suis quand même contente de l’avoir lu.
      Oui c’est un pavé en effet, mais j’essaie de réduire la charge mentale liée au blog et ça me fait du bien de ne pas avoir à penser à ça, ni de devoir uploader l’image. Ca fait très poil dans la main vu que ce n’est pas grand chose, mais de pas grand chose en pas grand chose, mon blog me prend un mi-temps par semaine au moins, je réduis l’encablure où je peux.

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  2. Tout dépend ce que l’on met derrière écoanxiété : L’espèce humaine, soi même ou la vie sur terre?…Evidemment, il y a les dégats colatéraux des dégats humains sur le vivant, mais notre écoanxiété est très centré sur nous même, ce qui nous fait d’ailleurs trop réfléchir à des solutions pour nous et pas dans la globalité.
    Ok, je souffre de la chaleur et ça ne va pas aller en s’arrangeant. Ok, on aura de plus en plus de problèmes de catastrophes climatiques. Mais ne sommes nous pas plus le problème que la solution? Rien que le titre…hum.

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  3. Je suis totalement dans la même situation de faire l’autruche là-dessus : ça m’angoisse sans vraiment ce que je peux faire à mon niveau. L’anthologie a l’air hyper intéressante, mais pas pour moi.

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    1. Ben je sais pas… Toutes les nouvelles proposent des mondes dystopiques ou postapocalyptiques. Quant aux textes scientifiques, ça m’a confirmé qu’on dépassait complètement ce que peuvent faire des individus et qu’on a besoin de solution à l’échelle politique et de sanctionner les entreprises et pas les gens lambda (le texte sur la carte carbone et la nouvelle qui va avec m’a foutu les jetons). Comme les états ne font pas grand chose et les lois mettent un temps fous à être votées quand elles sont, les solutions je ne les vois pas. C’est la classe politique qui devrait lire ce livre.

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  4. Je pense que c’est pour ça que je ne la lis pas, je suis pas sûre que ce soit bon pour mon moral 😅
    Mais je suis ravie de savoir que le résultat est à la hauteur du projet, c’était très prometteur à la base.

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  5. Je pense que c’est important de se préserver et de faire ce qu’on peut à son échelle tout en ayant conscience que le vrai changement ne peut pas venir de nous. T’as pas à porter ce poids et c’est bien de t’en rendre compte. Soutien 💪
    J’avais aussi été anxieuse durant cette lecture et j’avais appris pas mal de choses des articles, ce qui est toujours plaisant. Un beau projet à mettre entre toutes les mains et si possible celles des gens qui décident des politiques écologiques 🙄

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  6. Un bon pavé qui me paraît extrêmement intéressant.
    Je ne sais pas si cela génèrerait de l’anxiété à mon niveau, je suis surtout blasée parce que je ne crois pas que les politiques ont l’intention de se bouger, avec tout ce qui se passe si c’était dans leurs intentions réelles (et non des paroles non suivies d’action), ça aurait déjà été fait.
    Les lobbies sont trop puissants, il est question de flouz et la plupart des puissants n’ont pas intérêt à ce que ça bouge, alors on exige du peuple d’agir à son niveau.
    Et puis aussi regarde comment les médias traitent la question, c’est désolant, lassant.

    Je lisais quelqu’un sur twitter qui disait que seul des actions extrêmes d’associations pourraient peut-être changer la donne (le souci c’est que par actions, ça sous-entendait extrémisme et illégalité).
    Je ne sais pas si je lirai ce livre mais si j’en trouve des extraits, ce sera avec intérêt.
    Merci du partage

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  7. Très intéressant! Je ne le lirai pas, en partie par manque d’intérêt pour lire plus de 600 pages sur le sujet et en partie par peur de l’éco-anxiété, mais ça a l’air d’être un beau projet bien foutu.

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