Anthologie des Utopiales 2025 : Singularités

L’an dernier j’ai lu l’anthologie 2024 après les Utopiales 2025. Pour contrecarrer ce mauvais sort, j’ai entamé celle de 2025 début 2026. Vu mon rythme de lecture, ça me donnait toutes les chances de la finir avant les Utos 2026. Miracle, je n’ai mis qu‘un mois pour la lire. Je vous touche quelques mots de certaines des nouvelles

Avis en pointillés

La thématique des Utopiales 2025 était « singularités« . Comme d’habitude dans le choix de la thématique des Utopiales, le mot peut recouvrir des sens très différents ce qui permet d’explorer différentes facettes de notre genre préféré. Ici encore les auteurices, se sont chacun emparé de cette thématique avec plus ou moins de réussite et une diversité dans les genres, le ton et le propos.

Je vous parler de quelques nouvelles en particulier plutôt que de chaque nouvelle individuellement parce que je suis plutôt en mode « slow blogging » en ce moment et ne vais pas me mettre la pression. Je commence par la première nouvelle du recueil, celle d’Audrey Pleynet, La vision de PaxPire, qui décrit un monde glaçant où la richesse des uns se fait sur le travail des autres. Là vous me direz ça ressemble un peu à notre monde versé dans le capitalisme. Mais elle pousse le concept dans ses retranchements : les exploités ne sont plus que des « unités », déshumanisées, esclavagisées. Dure entrée en matière.

J’ai préféré me réjouir avec le texte de Jean-Marc Ligny, Comment je suis devenu le maître du monde (mais nul n’en a rien su), dans laquelle un gars pas très sympathique de prime abord se retrouve tétraplégique. Il se fait implanter une puce qui le met en contact avec une IA sensé l’aider à gérer sa domotique en répondant aux besoins qu’il exprime simplement en y pensant. Il s’avère que l’IA prend les demandes de notre personnage de manière très littérale pour un résultat qui va changer la face du monde… Cette nouvelle était assez jouissive. C’est l’avantage d’être écrivain, de pouvoir partager avec le reste du monde des fantasmes que l’on pourrait avoir pour changer le monde avec juste le flux d’une pensée.

J’ai aussi beaucoup aimé la stimulation intellectuelle que m’a procurée Il était une fois l’univers de Fabien Cerruti. Et je ne partais pas convaincue de prime abord, tant cela me semblait un peu perché d’imaginer que les planètes de notre système solaire ont un langage, des intentions et un objectif. Mais très vite, je me suis laissée emportée par cette revisite de l’histoire de notre système solaire, améliorée de quelques twists qui extrapolent autour de la vie sur Mars, de la création de Lune, du rôle des humains dans le grand objectif du système solaire… Très fun à lire.

Pour les autres nouvelles, je vous laisse les découvrir vous-même. Pour ma part, ce sont principalement celles-ci qui me sont restées 10 jours après que j’ai fini ma lecture sans prises de notes ou presque.

Au final, cette anthologie remplit son office de nous offrir un regard à un instant T de la SF. Je me suis concentrée sur trois nouvelles et rien qu’avec celles-ci, on voit la richesse du panel science-fictif, français ici. On oscille entre vision glaçante, jubilation coupable et vertige intellectuel. C’est la science-fiction qu’on aime.

Informations éditoriales

Anthologie dirigée par Jérôme Vincent. Publiée en 2025. Les auteurs : Audrey Pleynet, Chloé Chevalier, Léo Henry, Luvan, Rivers Solomon, Lou Jan, Jean-Marc Ligny, Jean Baret, Morgane Caussarieu, Fabien Cerutti, Jean Krug, Laurence Suhner, Jeanne-A Debats. Illustration de couverture par Stéphanie Hans. 392 pages.

Pour aller plus loin

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