
Fantômes et giboulées est un roman écrit par Catherine Dufour et publié chez Robert Laffont dans la collection La Bête Noire (ce qui est quand même un cool nom pour une collection de romans noirs, reconnaissons-le). Pouvais-je échapper au dernier Catherine Dufour ? Celleux qui me connaissent savent déjà que non.
Une suite qui ne dit pas son nom
Dès les premières pages, le refuge pour femmes battues au milieu de nulle part, tenu par une femme à l’humour caustique, la mention de Montigny, d’une Mme Grue, d’une sorte de chien de garde qui n’est pas vraiment un chien mais qui garde tout à fait. Au bout d’un moment, j’ai commencé à trouver ça franchement suspect. Ma première enquête a été de remettre les pièces du puzzle en place : Fantômes et Giboulées est la SUITE D’ » AU BAL DES ABSENTS » !
Je rassure celleux qui aurait succombé à celui-ci sans avoir lu le précédent : ça se lit très bien sans. Cela dit, moi à votre place, je ne me priverais pas de me jeter sur le premier. J’en disais beaucoup de bien par ici.
On retrouve donc Camille (que les lecteurices d’Au bal des absents ont connue sous un autre prénom) dans sa maison d’accueil pour femmes battues qui a la particularité d’être hantée. Bref tout ce petit monde vit en relative bonne entente, avec un ex inopportun qui finit dévoré par la Petite de temps en temps, des broutilles dans le quotidien de ces femmes en gros. Jusqu’à ce qu’un inspecteur lieutenant de police vienne commencer à poser des questions gênantes sur ces disparitions, forçant Camille a réorienter ses activités.
-Comme s’il n’était pas parfaitement capable de traverser la porte. Et d’ailleurs, que dites-vous de lui, l’Étoile. Est-il un suppôt de Satan, lui aussi ?
-Voyons, Camille : tout le monde sait que les chats n’ont pas de religion.
Derrière le vernis de l’humour
Nous voilà plongés dans un environnement à la fois cosy et caustique, ancré dans la réalité mais dans une maison hantée. C’est à l’humour et à la plume de Catherine Dufour que l’on doit cet ancrage, où des acronymes autoritaires côtoient plus ou moins joyeusement la ribambelle de fantômes qui défilent au manoir.
Mais que l’on ne s’y trompe pas. Derrière le vernis de légèreté se cache bel et bien un propos mordant sur le sort des laissés pour compte, que l’on retrouvait déjà dans Au bal des absents. La différence que j’y vois c’est qu’on sent Camille beaucoup moins seule. Là où la Claude du Bal des absents me paraissait traversée par une grande solitude (en tout cas c’est le souvenir que j’en ai), dans Fantômes et giboulées, Camille donne l’impression de se tourner davantage vers les autres.
-Auto-entrepreneuse ? Misayre, misayre ! Voulez-vous donc vous livrer pieds et poings liés à l’URSSAF ?
-For God’s sake, pour une fois, je ne donne pas tort à l’Étoile, assura Mamantise en agitant le tisonnier. Autant épouser un pervers narcissique sous le régime de la communauté de biens. A votre avis, Camille, d’où croyez-vous que vient le SS dans Urssaf ?
La petite entreprise de Camille nous amène à faire la rencontre de toutes sortes de fantômes et de situations familiales ou conjugales, bien souvent dysfonctionnelles, mais parfois plus émouvantes (je pense à une en particulier qui me trotte encore dans la tête).
Deux semaines après ma lecture (caramba j’ai encore manqué une occasion d’écrire mon billet dans la foulée), je serais bien incapable de vous réciter tous les détails de l’intrigue. En revanche, je me souviens très bien de l’ambiance, de l’humour piquant de Catherine Dufour et de cette façon bien à elle de parler des invisibles sans jamais tomber dans le misérabilisme et c’est pour ça qu’on l’apprécie toujours autant.
Informations éditoriales
Roman écrit par Catherine Dufour. Publié en 2026 chez Robert Laffont dans la collection La bête noire. Illustration de couverture par Simon Roussin.268 pages.
Pour aller plus loin
D’autres avis : Le Nocher des livres, Le Bibliocosme, Collectif Polar , ou signalez-vous en commentaire.
Catherine Dufour sur le blog (ça commence à en faire beaucoup)
Eh bien voilà, grâce à toi j’apprends que c’est une suite. Je confirme que cela se lit très bien sans le précédent, mais je vais devoir rattraper mon retard. Merci pour le tuyau.
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Haha, avec plaisir et bonne lecture ^^
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Même ressenti que toi (et j’ai mis un peu de temps à titler aussi qu’il s’agissait de la suite d’Au bal des absents que j’avais adoré ^^)
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C’était pour voir si on était attentives 😅
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Au fait, si jamais tu repasses par ici : j’ai essayé deux fois de publier un commentaire chez toi sur Fantômes et Giboulées et ce n’est visiblement pas passé
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C’est fou cette histoire de suite/non-suite. J’imagine que c’est pour coller plus facilement avec le changement d’éditeur ? Ou juste pour être tranquille, ça marche aussi. J’espère juste que s’il doit y en avoir un troisième, ça sera de nouveau chez un autre éditeur, ça serait marrant.
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Je me suis posée la même question. Haha ce serait en effet comique XD
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Un thème difficile traité d’une manière originale.
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Quelque chose comme ça oui
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Moi j’ai beaucoup aimé ce nouveau polar de notre autrice….. Et je suis heureuse qu’elle revienne vers ce genre en fait ! 😉
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Cette réflexion ne m’étonne pas du tout, je ne sais pas pourquoi XD
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Trop bien ! Tu donnes trop envie, ça a l’air trop bien.
J’ai envoyé le dialogue sur l’URSSAF à un groupe de traducteurs et traductrices qui s’en plaignent beaucoup 🤣🤣🤣
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Je te le prêtes si tu veux, ou le premier d’abord, je ne sais plus si tu l’as lu.
Haha, je veux bien un feedback sur leur réaction 🤣
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Écoute, personne n’a rien *dit*, personne n’a déclaré acheter le roman sur le champ, mais vingt-cinq personnes ont réagi par un émoji hilare. 😂😂
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Merci, ça me rappelle de lire un jour Le bal des absents xD
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Ce serait une bonne chose 🙂
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Comme Shaya, merci du rappel parce que forcément je veux lire Au bal des absents avant 😄
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QUOI !!! J’aurais cru que tu l’avais lu, tiens…
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