La trilogie de l’elfe noir | Drizzit !

Impressions.

La trilogie de l’elfe noir, écrite par R.A. Salvatore, raconte les aventures de Drizzt Do’Urden, l’elfe noir le plus célèbre des Royaumes Oubliés. Suivez-moi, je vous emmène de l’Outreterre à Valbise pour suivre le parcours atypique d’un jeune drow qui cherche sa place dans un monde plein de violence mais aussi de belles rencontres.

Une saga colossale

Drizzt Do’Urden est un des personnages phares des Royaumes Oubliés, le monde dans lequel le jeu de rôles Donjons et Dragons se déroule. Il bénéficie de sa propre saga littéraire, dont 33 tomes sont sortis en français et 34 en anglais.

Pourquoi parler de trilogie dans ce cas ? Car les trois volumes que j’évoque ici sont une sorte de préquelle créée pour développer le personnage de Drizzt Do’Urden, l’elfe noir rénégat qui apparaissait initialement comme personnage secondaire dans une autre trilogie (The Icewind dale trilogy). Devant la popularité du personnage, R.A. Salvatore écrit sa genèse au travers de la trilogie de l’elfe noir, la publie en parallèle et continue les aventures du personnage et de ses compagnons.

La trilogie de l’elfe noir

Terre natale, Terre d’exil et Terre promise racontent les quelques 40-50 premières années de vie de Drizzt (les elfes noirs vivant plus de 500 ans, il n’est encore qu’un jeune drow, à ce stade) :

  • Terre natale : Drizzt est le troisième fils d’une famille noble de Menzoberranzan cité souterraine où vivent les drows (autre nom des elfes noirs). Promis à être sacrifié à la déesse araignée qui régit cette société, il ne doit la vie sauve qu’au fait que le deuxième fils de la famille tua le premier. Sous l’influence de Zaknafein, maître d’armes de la maison Do’Urden, Drizzt se forge une identité bien éloignée de ce qui est attendu de lui : il répugne au meurtre et à la traîtrise. Son existence à Menzoberranzan est vécue comme une souffrance d’être en perpétuel décalage.
  • Terre d’exil : Poursuivi par sa famille et désireux de vivre une vie davantage en accord avec ses principes, Drizzt se réfugie dans l’Outreterre pour y vivre une existence solitaire accompagné seulement de Guenhwyvar, la panthère magique. Cette existence d’ermite lui pèse beaucoup et il partira bientôt en quête de nouvelles rencontres.
  • Terre promise : l’Outreterre n’a rien à offrir à Drizzt, il décide donc d’aller voir là haut si l’herbe y est plus verte. Pour n’y rencontrer que rejet et violence également. Il fait cependant la rencontre de Montolio, personnage au moins aussi important sinon davantage dans son parcours que Zaknafein. Le rôdeur aveugle lui enseigne tout ce qu’il peut.  Mais Drizzt n’est pas au bout de ses peines…

Drizztounet

Drizzt est un héros sans peur et sans reproche qui passe son temps à se culpabiliser d’avoir mal fait alors qu’il prend toujours la meilleure décision (compte tenu des circonstances). Vu son passif, on ne peut qu’être stupéfait de ses capacités de résilience. Ça le rend un brin énervant, trop parfait et en même temps torturé bien comme il faut pour donner lieu à des séquences de prise de tête intérieure.

Mais c’est aussi un personnage qui est rejeté partout. Il doit subir le rejet et la haine de sa propre société et famille à cause de sa force morale et de son manque d’intérêt pour le meurtre gratuit qui ne lui permettent pas d’entrer dans le moule du parfait petit sociopathe drow. Il doit subir les préjugés et la haine des autres espèces tels les gnomes, les humains ou les nains parce que, il faut l’avouer, les elfes noirs ne sont pas en odeur de sainteté dans le monde d’en haut.

En bref, Drizzt a fui son pays d’origine car y vivre lui était devenu insupportable. Il essaie de se trouver une place ailleurs mais personne ne veut de lui à cause de la mauvaise image de son peuple. Tout ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Les différentes épreuves surmontées par Drizzt, les adjuvants qu’il va rencontrer, les opposants qu’il va combattre sont un parcours tout tracé et plutôt prévisible (nonobstant que cela se produit dans un monde imaginaire) mais néanmoins touchant. On peut largement comprendre le succès du héros.

La vie de Drizzt est semée de rencontres avec des personnages secondaires qui vont lui permettre de se construire et d’évoluer : Zaknafein le maître d’armes, Belwar l’ingénieur  gnome, Montolio le rôdeur, Cattie-Brie l’enfant humaine adoptée par un chef nain… Et évidemment la panthère Guenhwyvar. Créature magique vivant dans le plan astral, elle ne peut être invoquée par Drizzt qu’avec parcimonie. Elle est son amie et sa protectrice et lui voue une fidélité sans limite.

La trilogie de l’elfe noir est écrite sans fioritures et sans style particulier. Cependant, le texte et sa traduction sont tout à fait corrects et ont l’avantage de se prêter à une lecture rapide. C’est que l’aventure ne souffre aucun délai !

Relecture nostalgique

Ma première lecture de cette trilogie date de mon adolescence. J’en gardais un très bon souvenir et mon petit carnet de lectures me le confirme : je les ai enchaînés tous les trois entre le 9 et 15 août 1995 et les ai qualifié d’ « inoubliables« . J’avais 13 ans !

Le profil tourmenté du héros, la panthère charismatique jouant un rôle protecteur (petit parallèle avec les daemons d’A la croisée des mondes) et le texte très accessible sont des caractéristiques propres à attirer un lectorat à partir de cet âge.

Reste à savoir si cette saga qui a marqué les gamers et les rôlistes des années 90 est encore susceptible d’attirer les jeunes d’aujourd’hui ou si elle est la chasse gardée de quelques quadra nostalgiques.

Pour ma part si j’ai apprécié ce voyage avec Drizzt, je pense le laisser poursuivre sa route aventureuse sans moi. Je ne ressens en effet pas suffisamment d’intérêt pour continuer.

La trilogie de l’elfe noir, bien que faisant partie d’une saga bien plus volumineuse, se suffit à elle-même. On suivra les aventures et les tourments de Drizzt Do’Urden sans déplaisir mais sans grande passion non plus. Le texte vaut pour son univers très riche (amateurs de Donjons et Dragons, bienvenus) et pour l’amorce de réflexion sur la question de trouver sa place quand personne ne veut de vous, une thématique qui fait toujours mouche de nos jours.

Informations éditoriales

Terre natale. Publié en langue anglaise en 1990. Republié chez Milady en 2011. Titre original : Homeland. Traduit par Sonia Quémener. Illustration de couverture par Todd Lockwood. 442 pages. Lu en numérique.
Terre d’exil. Publié en langue anglaise en 1990. Republié chez Milady en 2011. Titre original : Exile. Traduit par Yann Chican. Illustration de couverture par Todd Lockwood. 408 pages. Lu en numérique.
Terre promise. Publié en langue anglaise en 1991. Republié chez Milady en 2011. Titre original : Sojourn. Traduit par Fanélie Cointot. Illustration de couverture par Todd Lockwood. 448 pages. Lu en numérique.

Pour aller plus loin

La liste des romans parus en français.
Un long entretien avec l’auteur (en anglais) sur le site Polygon.

Challenge-madeleine-de-proust

30 commentaires sur « La trilogie de l’elfe noir | Drizzit ! »

  1. Un copain m’a filé toute la saga en disant « tiens, faut que tu le lises », donc je vais voir si ça marche même sans le côté nostalgique (vu que j’ai jamais lu Salvatore)

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  2. Si je connais le jeu, je ne peux pas en dire autant de la saga de Salvatore. Pas sûre que j’ai l’opportunité dans un futur proche de m’y attaquer, mais sait-on jamais… Et au moins, j’en aurai entendu parler grâce à toi.

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  3. Quoi ? Tu n’es pas motivée pour te lancer dans une aventure de 34 volumes ? =O
    Quant à savoir si cela fonctionnerait aujourd’hui, cela parait assez intemporel comme bouquin, donc il n’y a pas de raison que ça ne marche plus auprès de personnes qui aiment le genre.
    (Rassure-moi, la première couverture du « Livre II » que tu as mise ne fait pas partie de la même édition que les autres ? Ou alors ils avaient oublié leur charte graphique entre temps ? ^^)

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    1. Visiblement ça se vend toujours en tout cas 🙂
      (je ne sais pas je te laisse vérifier si c’est important pour toi, dans les milliards d’éditions, j’ai juste cherché une couverture de bonne qualité venant des éditions Milady avec les illustrations de Lockwood)

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      1. Ha ben voilà, mystery solved, ça évitera à Baroona une longue et fastidieuse recherche (a)
        Tu l’as lu le comics ? Ça vaut le coup ?

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    1. En effet, je voulais le mentionner j’ai oublié. A la limite je me demande si ça ne m’intéresserait pas davantage en comics. Faut avouer que l’écriture est pas fofolle, par contre l’univers est très riche visuellement.

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  4. Paraît que c’est un Must Have de la littérature de l’imaginaire. Je me suis donc procuré le tome 1 pour voir ce que ça donnait. Après, j’ai lu que l’auteur s’était totalement perdu dans l’utilisation de son héros fétiche, les autres tomes ayant des notes assez mauvaises. Donc je ne crois pas que tu y perds au final si tu ne continues pas.

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      1. Pour le Must Have c’est une trilogie chère à de nombreux rôlistes et j’ai cru déjà voir dans des listes que la légende de Drizzt faisait partie des livres de Fantasy à lire (pas absolument, mais faisait qd même partie du classement).
        Après, j’ai surtout lu des avis de Elbakin qui se plaisait à tailler sévère certains cycles comme « Le codex des compagnons » ou « Retour à Gauntlgrym » qui se passent dans le même univers et toujours avec Drizzt. Après, j’ai cru voir sur Babelio que les notes étaient pas si mauvaises.

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      2. Ha du côté des rôlistes, oui c’est logique en soi. Ça m’avait intrigué comme remarque car au final je connais pas mal d’amateurs de fantasy qui n’ont à ma connaissance jamais lu ces livres et ne les liront vraisemblablement jamais. Le fait qu’Elbakin taille sévère dedans me conforte un peu dans l’idée.

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    1. Je comprends. Je ne regrette pas du tout ma relecture (sinon j’aurais laissé tomber avant même la fin du premier) mais j’ai tendance à penser que je suis passée à autre chose.

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  5. Ah bah je viens de vérifier, c’est bien les trois bouquins des royaumes oubliés qu’on a à la maison. Faudra que je demande à Monsieur ce qu’il en a pensé. Connaissant Salvatore pour ses romans Star Wars, j’imagine que ça doit bien se lire et être très sympa pour les fans de l’univers en question. Moi je connais surtout Drizzt pour ses caméos dans Baldur’s Gate (ah la fameuse séquence où il demande de l’aide pour tuer des monstres et les dégomme en moins de deux tout seul xD)

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      1. J’ai lu un truc comme quoi si tu le tues dans BG I, il te le reproche dans BG II (si tu as importé ton perso of course) XD

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  6. J’ai pris les 3 premiers en numérique lors d’une #GrosseOP et je prévois de les lire, un jour… J’ai pas mal de bouquins des Royaumes Oubliés en édition Fleuve Noir (donc version « allégée ») dont ceux-ci. Faudra que je compare…

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  7. Ha, Drizzt et les royaumes, que de souvenirs :’)
    Je les relirais bien à l’occasion. Je pense que tu fais bien de ne pas poursuivre plus loin la série, honnêtement, c’est pas top qualité de fou même si certains tome sont agréable. Il m’en reste bien 5 ou 7 à lire, il faudrait que je trouve le courage de reprendre, juste histoire de pouvoir dire que j’ai tout lu ^^

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  8. Jamais entendu parler mais je pense que j’aurais aimé, moi aussi, à treize ans. Maintenant, je ne sais pas. À voir un jour, peut-être.
    Bon en tout cas j’aime bien la panthère. 🙂 C’est une belle idée.

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  9. Ooh ça me fait replonger en adolescence ça ! J’avais adoré cette trilogie plus jeune et elle traîne encore quelque part à la maison. Mais jamais continué la saga, 34 volumes, c’est trop XD

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