La croisière bleue | Autant en emporte la cavorite

En 2022, Albin Michel Imaginaire publiait Les temps ultramodernes de Laurent Genefort.  Je l’ai lu, j’ai beaucoup aimé cette uchronie qui rend hommage aux romans feuilletons et au  merveilleux scientifique . Alors forcément quand un recueil de nouvelles dans le même univers sort, je dis oui. Je l’ai lu aussi et je vous dis tout.

Contenu

Rappelons que l’univers des temps ultramodernes emprunte aux romans Les premiers hommes dans la Lune de H.G. Wells le métal fictif qui permet de s’extraire de la gravité, la cavorite et Le prisonnier de la planète Mars de Gustave Lerouge (et non Le prisonnier de la planète rouge de Gustave Lemars huhu) pour l’environnement martien. 

Le recueil est composé des éléments suivants : 

  • Repères chronologiques qui retrace rapidement l’histoire de la découverte de la cavorite.
  • 5 nouvelles dont la nouvelle titre qui tient plutôt de la novella,
  • entrecoupées par des interludes sous forme d’article de presse qui sont autant d’anecdotes enrichissant l’univers.
  • Un de ces interludes est beaucoup plus long que les autres et a déjà été publié dans le Bifrost #105. Je ne l’ai pas relu.
  • En annexe, le traité de cavorologie disponible gratuitement en numérique à l’époque de la sortie du roman (mais j’avais pu recevoir un exemplaire de papier édité en édition limitée 😎). Je ne l’ai pas relu non plus.

Les nouvelles

Attardons-nous essentiellement sur les nouvelles.

  • Le facteur Pégase. Ingénieuse revisite de l’histoire du Palais idéal du facteur Cheval, façon cavorite : le bonhomme construit un palais auquel il associe des plaques de cavorite pour pouvoir s’envoler. 
  • La croisière bleue. Une sombre affaire d’espionnage sur le transcontinental l’Agénor (bien sûr ce paquebot vole à  l’aide de la cavorite) qui commence par une enquête sur le meurtre d’un agent britannique. Les enjeux en présence deviennent rapidement politiques. L’histoire en devient épique par moment car on a même droit à une attaque de haute volée du vaisseau.
  • Cinquante hectares sur Mars. Au travers des lettres qu’envoie un colon martien à sa famille restée sur Terre, on apprend tout de sa vie, ô combien pénible sur cette planète inhospitalière. Qu’est-ce qu’il est allé faire dans cet enfer ?  Récit poignant.
  • Le Sisyphe cosmique. Mercure est pleine de cavorite ce qui attire les convoitises d’un mystérieux investisseur. Mais si ses motivations n’étaient pas celles annoncées ? Ce qui est fun  dans ce texte (enfin entendons-nous c’est pas très fun pour le personnage mais le plaisir du lecteur prime) c’est qu’il y a une réelle intrication entre les caractéristiques de Mercure et l’intrigue et le titre est particulièrement bien trouvé.
  • A la poursuite de l’anticavorium. Rien de moins qu’un astéroïde d’anticavorium menace de percuter la terre. Un vaisseau de la dernière chance est envoyé pour tenter d’éviter l’impact. On retrouve Marthe, journaliste scientifique du premier volume. On y  croisera aussi une lettre de notre infortuné colon de Cinquante hectares sur Mars. Cette nouvelle sonne comme un final des temps ultramodernes.

Aucune des nouvelles ne démérite devant les autres. On apprécie le facteur Pégase et Le Sisyphe cosmique pour leur ingéniosité ; La croisière bleue pour le récit d’espionnage et d’aventures, Cinquante hectares sur Mars pour sa mélancolie et le récit épistolaire  et A la poursuite de l’anticavorium pour son suspens de film catastrophe.

Je le disais déjà lors de ma chronique des Temps Ultramodernes : c’est un réel plaisir de voir l’auteur, toujours aussi talentueux, s’amuser avec sa création et de son worldbuilding en y mettant une rigueur scientifique qui nous fait adhérer à 100% à cet univers de science-fiction surannée. A lire comme une conclusion à l’univers (mais qui sait, après tout ?).

Informations éditoriales

Roman écrit par Laurent Genefort. Publié en 2024 chez Albin Michel Imaginaire. Illustration de couverture par Didier Graffet. 344 pages.

Pour aller plus loin

D’autres avis : Les chroniques de FeyGirl, Le nocher des livres, Les blablas de Tachan, Les lectures du maki, Au pays des cave trolls , ou signalez-vous en commentaire.

14 commentaires sur « La croisière bleue | Autant en emporte la cavorite »

      1. Tu m’obliges à y réfléchir. Je crois que j’ai peur de me lasser de l’aspect feuilletonnant du roman, de l’enchaînement de péripéties – j’ai peut-être une vision erronée du livre, je ne dis pas – alors que l’aspect nouvelles, changeant, est plus rassurant et tentant.

        J’aime

      1. Oui, ça m’intéresse. Cela dit, je préfèrerais, bien entendu, commencer par Les Temps Ultramodernes – et il se trouve que ma médiathèque l’a. Je viens d’emprunter autre chose, donc ce n’est pas le moment de l’emprunter, mais je me garde cette info sous la main. Si tu t’en souviens, reparles-en moi et je verrai où j’en suis. J’aurai peut-être déjà entamé la série, ou bien je serai encore en train de me demander quand l’emprunter. 😅

        J’aime

        1. Mais l’emprunt en médiathèque a une contrainte qui est aussi un avantage: l’emprunt est limité dans le temps. Je peux plus difficilement laisser un volume prendre la poussière dans la pile à lire. 😊

          J’aime

Répondre à Shaya Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.