Des nouvelles de Bifrost #115 | Jean-Claude Dunyach, Ian R. MacLeod, Thomas Day, James Tiptree Jr.

Ce 115e Bifrost, publié en juillet 2024 par les éditions du Bélial propose un dossier sur James Tiptree Jr. Je m’intéresserai dans les présentes impressions aux 4 nouvelles qui ouvrent la revue, à savoir : Les objets savent de Jean-Claude Dunyach, Le chronologue de Ian R. MacLeod, Un après-midi à l’@boretum de Reykjavik de Thomas Day et Ces femmes que les hommes ne voient pas de James Tiptree Jr. C’est parti…

Les objets savent de Jean-Claude Dunyach

Notre narrateur est un véhicule démilitarisé doté d’une IA très sophistiquée reconverti en taxi. Alors qu’il écoute la conversation téléphonique de son client, il apprend qu’il s’agit d’un inspecteur de police en route pour une scène de crime. Cela le rend curieux et il se met à entreprendre sa petite enquête de son côté avec les moyens qu’il a à sa disposition.

On assiste alors à une sarabande savamment orchestrée, le taxi intelligent, poète à ses heures, cherchant des images de caméra, se connectant aux véhicules autour de faisant du troc avec eux. Très plaisante à lire, Les objets savent est une petite perle futée et réjouissante, écrit du point de vue d’une IA.

Le chronologue de Ian R. MacLeod

Le chronologue vient réparer les mécanismes des horloges déréglées. Le temps peut alors reprendre son cours, l’hiver arriver et la moisson se récolter. Le narrateur, qui a des envies d’ailleurs, se montre un peu trop curieux pour son propre bien…

Une nouvelle qui parle du temps qui passe au fil de la répétitivité des saisons dans une ambiance de fantasy insaisissable, comme la brume du temps. J’ai beaucoup aimé.

Parution initiale en 2022. Traduit de l’anglais par Michelle Charrier. Titre original : The Chronologist.

Un après-midi à l’@rboretum de Reykjavik de Thomas Day

Dans un futur dans la continuité des temps actuels, certains font le choix de changer radicalement de vie (je vous laisse apprécier la teneur du changement en lisant la nouvelle) soit pour des raisons de santé mais aussi pour des raisons politiques. La nouvelle raconte comment cela affecte la vie d’un homme dont le fils a fait ce choix.

Une nouvelle qui parle de technologie transhumaniste avec une certaine ambiguïté : on sent bien que dans le fond ce n’est pas souhaitable mais d’un autre côté…

Ces femmes que les hommes ne voient pas de James Tiptree Jr.

Un avion se crashe dans la jungle, avec à son bord le pilote, 2 femmes et le narrateur. Le bonhomme est un beauf des familles avec sa dose de commentaires misogynes et désobligeants qu’il garde plus ou moins pour lui, mais nous on est dans sa tête alors voilà. Les deux femmes ne se comportent pas comme il s’attend à ce que des femmes se comportent, ce qui a le don de l’exaspérer.

Cette nouvelle constitue une variation sur les mêmes thèmes que Houston Houston, me recevez-vous? dans lequel les femmes se débrouillaient très bien sans les hommes, ce qui défrisaient complètement les quelques uns qui restaient. Ici notre bonhomme ne comprend pas non plus, la fin montre l’étendue de sa perplexité. Pendant ce temps, les 2 nanas, elles, se sont levées et se sont cassées.

Cette nouvelle fut originellement publiée en français dans la revue Fiction en 1975 sous le titre Vol 727 pour ailleurs.

Parution initiale en 1973. Traduit de l’anglais (US) par René Lathière et révisé par Jean-Daniel Brèque. Titre original : The Women Men Don’t See.

Informations éditoriales

Revue publiée en juillet 2024 par les éditions Le Bélial’. Illustration de couverture par Philippe Gady. 192 pages.

Pour aller plus loin

D’autres avis : Quoi de neuf sur ma pile (Les objets savent, Un après-midi à l’@rboretum, Ces femmes que les hommes ne voient pas), Les chroniques de FeyGirl, Les lectures du Maki, ou signalez-vous en commentaire.

12 commentaires sur « Des nouvelles de Bifrost #115 | Jean-Claude Dunyach, Ian R. MacLeod, Thomas Day, James Tiptree Jr. »

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