Anthologie officielle des (non-)Utopiales 2020

anthologie des utopiales 2020

L’anthologie des Utopiales 2020 est sortie en novembre 2020 chez ActuSF, malgré l’annulation du festival. Je me la suis procurée, comme lot de consolation. 1 préface, 2 textes de réflexion et 10 nouvelles plus tard, je vous livre mes impressions sur cette anthologie qui existe bel et bien alors même que l’édition du festival qu’elle met en avant n’a jamais eu lieu…

Textes préliminaires

Le recueil s’ouvre sur la traditionnelle préface, écrite cette fois par Ariel Kyrou (Dans les imaginaires du futur). Préface que j’ai trouvée difficile à suivre, ce qui est un comble pour un texte qui parle de traces. Beaucoup de références intéressantes (non vous n’échapperez pas à une furtive mention). Deux textes non fictionnels la suivent :

  • Pôle ludique par Adelaïde Legrand qui parle de différents aspects du jeu vidéo : le jeu dans l’Histoire, les serious game, l’éducation, le développement de l’individu, dans la culture. Le propos reste très général et ne m’apprend pas grand chose, mais bon c’est mon domaine professionnel.
  • Un genre de traces par Caroline Benedetti qui parle de … polar, ce qu’on pourra trouver étonnant pour une anthologie d’un festival de SF, mais quelques liens sont fait pour raccrocher les wagons. Ici aussi le propos est assez général mais j’apprécie les nombreuses références citées.

Ca ne démarre pas avec un enthousiasme affolant, voyons voir ce qu’il en est des nouvelles. Après tout, c’est pour ça que je suis venue.

Les nouvelles

Une forme de démence, Lionel Davoust

Un professeur de renom qui a créé de A à Z un monde imaginaire engage une jeune diplômée en science de l’information pour numériser son travail. Et quel travail ! Sorte de Tolkien islandais, Prior Hallmarsson a conçu pendant 50 ans un monde d’une incroyable complexité : sa géographie, son histoire, ses légendes… La jeune documentaliste, qui raconte l’histoire de son point de vue, va progressivement se rendre compte que quelque chose ne va pas.

Nouvelle incroyablement touchante qui parle de réalité vs fiction, de croyances et de mémoire.

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La piste des oiseaux, Morgan of Glencoe

Dans un monde postapocalyptique, à la Mad Max sans les voitures, une bande d’enfants perdus est élevée par une sorte de Captain Fantastic du désert, qui répond au nom de Crow. Vivant cachés, solidaires et aimants, ils se protègent les uns les autres et puisent leurs connaissances dans les livres. Rares, il font l’objet d’une appropriation par des personnes mal intentionnées.

Une nouvelle qui chante son amour des livres et de la connaissance qui élève et autonomise les humains. On s’attache à ses enfants aux noms d’oiseau qui s’en vont sans laisser de trace.

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Le premier chapeau, Thomas C. Durand

Tarbel d’Olandre est chargé par son patron d’aller interviewer un chapelier excentrique, Ofal Epricheu, qui se targue d’avoir fait une grande découverte, au cas où la dite découverte serait sérieuse.

Je n’ai trouvé aucun intérêt à ce texte. Pas saisi ses intentions.

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The agony in ectasy, Sara Doke

Je n’ai RIEN compris. Ca a l’air de parler d’une vampire qui a faim. Ca se passe à Bruxelles, ça c’est cool.

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La mémoire de l’Univers, Nicolas Martin

Des scientifiques à fond dans leur trip cherchent la drogue parfaite qui leur permettra d’accéder à la connaissance primordiale. Hard SF, la nouvelle est assez perchée mais c’est très cohérent avec le sujet, au fond. La fin est amusante de cohérence également, la lire sous un bonne lumière.

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Sommes-nous pieuvres ou vampires ?, Ïan Larue

José est une sorte de pieuvre qui mimétise un corps humain pour passer inaperçu. Il a une relation hyper chelou avec Dune, une autre pieuvre. Il danse le tango avec José 2 tous les soirs dans un bar.

Once again, je n’ai rien compris. Je ne sais pas si c’est un délire ultra référencé que je ne comprends pas, une private joke ou une allégorie que je n’ai pas saisie.

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T.H.R.A.C.E.S., Christophe Dougnac

Les traceurs de rêve sont chargés de secourir les dormeurs coincés dans des cauchemars. Un métier sacerdoce pour Rémi, poussé dans cette voie par son père depuis le plus jeune âge. Il finit par rester coincé dans un cauchemar lors d’un sauvetage solo de son père lancé dans une mission impossible.

J’ai trouvé ce texte assez plat, il n’a pas vraiment su me toucher malgré une thématique très attrayante de prime abord.

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Te retrouver, Joëlle Wrintrebert

Léni voit son mari, atteint d’Alzheimer, devenir de plus en plus dépendant et se souvenir moins en moins d’elle. Elle fait alors l’acquisition d’un androïde, à son image mais version jeune. Mais bientôt elle va se sentir exclue de la relation que son mari tisse avec la jeune androïde. La solution est-elle de se faire fabriquer un androïde à l’image de son mari jeune ?

Une tentative de résoudre un manque relationnel en introduisant des androïdes dans le couple. Les humains deviennent étrangers l’un à l’autre, pendant que les androïdes prennent de plus en plus d’autonomie dans leur conditionnement d’androïde. Un texte un chouïa perturbant, j’ai trouvé l’attitude de Léni assez pathétique et en même temps tellement compréhensible.

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Les cinq marques, Baptiste Beaulieu

Un médecin ayant subi un deuil brutal reçoit une patiente qui lui explique que la mort n’existe pas en fait, que les corps sont remplacés par des sosies inertes et imparfaits parce que les êtres humains ne profiteraient pas de la vie s’ils se savaient immortels.

La nouvelle est touchante dans la douleur exprimée par ce médecin. Je trouve quand même la théorie de la madame trop bancale pour qu’un médecin retourne sa veste de la sorte, même après un deuil. Du coup j’ai eu un peu de mal à adhérer.

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La présence, Claude Ecken

Un ancien militaire vit une retraite dorée dans une belle maison. Mais il a l’impression qu’on s’introduit dans sa maison pendant la nuit. Un phénomène qu’il a fui pendant des années en déménageant à de multiples reprises. Il décide qu’il est temps de faire face. Il se procure tout un tas de gadgets technologiques pour détecter cette présence.

Ce texte parle de passé traumatique et de rencontre extra-terrestre. Ce texte est une nouvelle parfaitement claude-eckennienne : une précision technologique à toute épreuve et une finesse psychologique qui offre une très grande humanité au texte. Sans surprise, on aime beaucoup.

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Que se passe-t-il ? Cette anthologie m’aura procuré des sensations très partagées. Les auteurices ont bien pris en main la thématique des traces mais parfois de façon si conceptuelle que je n’ai rien compris à leur propos. Trois textes ont cependant remporté ma franche adhésion : La présence de Claude Ecken, Une forme de démence de Lionel Davoust et La piste des oiseaux de Morgan of Glencoe. La mémoire de l’univers de Nicolas Martin et Te retrouver de Joëlle Wrintrebert sont également plutôt réussies. Pour les autres, je ne suis pas convaincue.

Informations éditoriales

Anthologie publié sous la direction de Jérôme Vincent chez ActuSF en 2020. Les auteurs et textes sont tous cités dans la chronique. Couverture par Alex Alice. 391 pages.

Pour aller plus loin

Mes impressions sur les anthologies précédentes : 201920182017201220112010.

D’autres avis : Le chien critique pour La mémoire de l’Univers de Nicolas Martin , ou signalez-vous en commentaire.

The maki project

24 commentaires sur « Anthologie officielle des (non-)Utopiales 2020 »

      1. Oh ne t’en fais pas, je pense que beaucoup de blogueurs l’acheteront de toute façon pour compléter leur collection 😉 Pour ma part je n’en ai que quelques uns, et j’avoue que le sujet de cette année ne me tentait pas des masses.

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  1. Arf… moi qui hésitais à me la procurer je vais passer mon tour. C’est frustrant parce que j’a terriblement envie de lire les 3 nouvelles qui t’ont emballé, notamment cette de Morgan of Glencoe dont j’apprécie beaucoup le travail… mais sur l’ensemble c’est triste.

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    1. Un peu j’avoue, après attends peut être d’autres avis avant de te prononcer, je suis peut être passée à côté de quelque chose (honnêtement je serais très curieuse d’avoir des avis d’autres personnes parce que ça m’emplit de perplexité).

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  2. Ah oui, c’est presque tout ou rien. Une non-réussite pour un non-festival. Est-ce que ça ne vaut quand même pas mieux, d’avoir du très bon et du très mauvais, que d’avoir seulement des textes bien mais sans plus ? (oui, je cherche du positif)

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    1. Peut être mais l’an dernier y avait du très bon, du chouette et pas vraiment de très mauvais (juste un texte que j’avais pas trop aimé, et encore c’était plus un manque de satisfaction qu’un désintérêt pour le sujet).

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  3. Moi j’aime bien quand on a le courage de dire qu’on n’a RIEN compris 😀 et non pas qu’on est « passée à côté «  : c’est le genre d’avis qui m’inspire confiance pour le reste du propos 🙂 !

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