Un top des 8 séries de David Simon

Profitant de mon abonnement OCS, j’ai vu toutes les séries de David Simon que je n’avais pas encore vues. David Simon c’est le gars qui est connu pour The Wire et dans une moindre mesure Treme. Mais il a fait d’autres séries dont une en cours de diffusion. Bref j’ai tout vu et j’ai décidé de classer toutes ses séries par ordre de préférence parce que why not.

Les séries de David Simon ont ceci en commun qu’elles s’intéressent aux US dans leur dimension sociale. Pour ce faire, il va en général nous proposer un point de vue à 360 degrés.

Je vous propose de découvrir chacune des séries de David Simon (Hors Homicide, que je n’ai pas vu) en format « top ». Aucune de ces séries n’est mauvaise, je vous invite à toutes les découvrir ou à piocher selon vos intérêts et humeurs du moment, mais j’avais surtout envie de mettre en avant celles que je préfère en les gardant pour la fin 😁

Toutes les séries sont estampillées HBO, on peut les voir pour le moment sur OCS. Elles sont aussi sorties en DVD, parfois Bluray, sauf We own this city qui vient juste de sortir.

the corner

8/ The corner

Mini-série de 6 épisodes diffusée depuis le 16 avril 2000

The corner s’intéresse au destin de trois membres d’une même famille : DeAndre, un jeune de 15 ans qui deale de la drogue, sa mère Fran qui en consomme et son père, Gary, qui en consomme aussi. Chaque épisode est centré sur un de ces trois personnages. Des flashback montrent la descente aux enfers de cette famille qui avait réussi à s’estirper de la pauvreté, avant de sombrer dans la drogue.

Le début est assez déroutant car on a l’impression qu’il s’agit d’un documentaire. En fait non, mais le format soutient l’histoire vraie dont est issue cette série. David Simon et Ed Burns avaient écrit un livre « The Corner: A Year in the Life of an Inner-City Neighborhood » en 1997 dont cette série est l’adaptation. A la fin du dernier épisode, on voit les trois vrais DeAndre, Fran et Gary expliquer ce qu’ils sont devenus.

J’ai trouvé cette série dure à regarder. Déjà le format est un peu vieillot, en écran 4/3 et une qualité d’image tout juste correcte, mais ce n’est qu’un détail. Ce qui est vraiment dur c’est que ce genre de sujet m’attriste énormément. J’ai du mal à voir des descentes aux enfers de drogue, je trouve ça tellement absurde. Je suis la fille qui a vu une fois dans sa vie Requiem for a dream et qui ne veut plus entendre parler de ce film 😅 C’est poignant et forcément très réaliste.

show me a hero

7/ Show me a hero

Mini-série de 6 épisodes diffusée depuis le 16 aout 2015.

Adaptée du livre de non fiction éponyme écrit par Lisa Belkin, cette série raconte l’hallucinante résistance des habitants d’une ville contre un programme de construction de logements sociaux et la lutte de son maire pour faire accepter ce programme. Ca se passe à Yonkers dans l’état de New York et c’est une histoire assez connue aux US. Yonkers c’est la ville qui a préféré frôler la faillite car mise à l’amende par l’Etat plutôt que de construire des logements sociaux dans ses quartiers cossus.

L’histoire se déroule entre 1987 et 1994 et s’intéresse plus particulièrement au jeune maire de cette ville : Nick Wasicsko. Mais comme d’habitude, on verra tout le système autour, les personnes qui gravitent autour de lui et aussi les personnes issues des quartiers défavorisés de la ville, pour l’essentiel des noirs. La série est parfois ennuyeuse, la réalité ne se soucie guère de dramaturgie,  mais ça vaut le coup de la voir. En tout cas, pour ma part, je n’avais jamais entendu parler de cette histoire.

we own this city

6/ We own this city

Mini-série de 6 épisodes diffusée depuis le 25 avril 2022. A l’heure où j’écris ses lignes, il me reste le dernier épisode à voir. Il sortira le 31/05.

Cette mini-série est une adaptation du livre éponyme du journaliste Justin Fenton, qui raconte l’enquête du journaliste autour de la corruption dans la police de Baltimore. On s’intéressera plus particulièrement au Gun Trace Task Force dirigé par Wayne Jenkins. Un flic corrompu doté d’un culot monstrueux et d’une impunité qui a duré bien trop longtemps.

La série fait le portrait d’une équipe de flics sans foi ni loi et de sa tête pensante, brillamment interprété par Jon Bernthal. A 360° : on va avoir une vision assez précise de tout ce qui tourne autour de la Gun Trace Task, les enquêteurs du Ministère de la Justice, les habitants noirs de la ville qui sont les premiers touchés par ses faits, les collègues, le chef de la police de Baltimore…

Je trouve cependant cette série très décousue car elle fait de nombreux flashback, pas toujours aux mêmes époques avec des perso différents, en plus de raconter plusieurs histoires en parallèle.

generation kill

5/ Generation kill

Mini-série de 7 épisodes diffusée depuis le 13 juillet 2008.

Generation Kill est, encore, l’adaptation d’un livre de non-fiction d’un journaliste, Evan Wright cette fois, journaliste qui est parti avec le bataillon des Marines que l’on suit dans la série, parti faire la guerre en Irak en 2003.

Cette série s’immerge complètement dans ce bataillon de reconnaissance qui participa à l‘invasion de l’Irak qui mena à la chute du régime de Saddam Hussein. Une série d’autant plus intéressante qu’elle s’éloigne des sujets de prédilection de David Simon. Mais l’approche est toujours la même : ultra-réaliste, multipliant les points de vue

On voit le quotidien de ces soldats, les problématiques de hiérarchie, d’approvisionnement de matériel. Il y a un petit côté zolien à tout ça, dans sa description précises des troupes de La débâcle qui passe du niveau micro au niveau macro. La comparaison s’arrête là bien sûr, époque différente, armées différentes et surtout contexte très différent. 

Très intéressante série qui dévoile la vérité tout crue, c’est assez dingue, violent et bizarrement beaucoup de ces soldats me font juste penser à des ados attardés, et je crois que c’est ça qui fait le plus peur.

the deuce

4/ The deuce

Série de 3 saisons (25 épisodes) diffusée à partir du 10 septembre 2017.

The deuce raconte comment le quartier de Time Square à New York est devenu la plaque tournante du marché du porno dans les années 70 et 80. Je crois que Time Square est le quartier qui a vécu la gentrification la plus spectaculaire dans les années qui ont suivi.

Dans les années 70, ce sont les macs accompagnés de leur prostituées qui marquent le tempo de ce quartier et dont la série va montrer toutes les facettes. Peu à peu, l’industrie pornographique va s’installer dans le quartier. On va beaucoup suivre Vincent Martino, un barman qui va se lier avec la mafia locale mais la série porte de beaux personnages, surtout les personnages féminins (Eileen !). Car il est au final question de ça dans cette série : la place des femmes au sein de cette industrie

Parfois un peu long et répétitif, la série reste de très grande qualité. J’ai particulièrement apprécié que bien que les femmes dans cette série soient objectifiées à cause de son sujet, la façon de les filmer ou de monter les séquences ne cherchent pas à en rajouter. On apprend également que, sur le plateau de tournage, une coordinatrice d’intimité veillait à ce que tous les acteurices participant à des scènes de sexe se sentent en sécurité. 

the plot against america

3/ The plot against America

Mini-série de 6 épisodes diffusée à partir du 16 mars 2020.

The plot against America est une uchronie dont le point de divergence est l’élection de Charles Lindbergh à la présidence des Etats-Unis en lieu et place du troisième mandat de Franklin D. Roosevelt, faisant basculer les US dans un non-interventionisme dans la guerre en Europe et une ségrégation des Juifs américains.

Il s’agit d’une adaptation d’un roman de Philippe Roth, publié en 1993 et que David Simon décidé d’adapter au lendemain des élections américaines de 2016. On s’intéresse à une famille, les Levin, travailleurs vivant chichement à Newark dans un quartier juif. On va voir l’ascension de Lindbergh à travers leurs yeux et les différentes réactions et profondes dissensions qui naitront dans la famille.

Je suis en train d’audio-lire le roman, je pense le chroniquer donc je m’étalerai davantage dans ma chronique, mais il y a vraiment beaucoup de choses à en dire. C’est très politique et à la fois on est vraiment dans cette famille de gens lambda, c’est époustouflant de justesse et terrifiant de réalisme.

the wire

2/ The Wire

Série de 5 saisons (60 épisodes) diffusée à partir du 2 juin 2002.

LA grande série de David Simon. Elle se passe à Baltimore et s’inspire de l’expérience de policier d’Ed Burns qui a travaillé à la « crim » et du travail de journaliste d’investigation de David Simon. Elle va s’intéresser au fonctionnement de la police et du traffic de drogue dans la ville mais, comme Simon aime ce qui est systémique, elle va aussi s’intéresser à la politique, aux medias ou encore au système scolaire des quartiers défavorisés.

Haute teneur en réalisme, personnages marquants, histoire prenante, cette série n’a pour ainsi dire aucun défaut et a largement participé à faire de la série télé un media aussi « noble » que le cinéma. 

Pour savoir pourquoi elle n’est « que » en seconde position dans mon top, lire la suite.

treme

1/ Treme

Série de 4 saisons (36 épisodes) diffusée à partir du 11 avril 2010.

Treme parle du quartier de Tremé à la Nouvelle-Orléans, post-Katrina, ouragan ayant sévi en 2005. Les habitants tentent de reconstruire leur quartier et leur vie après l’ouragan. Le contexte culturel est extrêmement important dans cette série et en fait toute la saveur si je puis dire. On va s’intéresser à toutes sortes de gens : des musiciens, des chefs-coq, des Indiens de Mardi-Gras, des blancs, des noirs, des pauvres et des aisés. Un melting pot qui, de mon point de vue de béotienne totale, donne une vision de la ville qui semble correspondre à ce qu’elle est réellement.

J’adore cette série d’un amour pur et inconditionnel. Elle fait partie de mes séries préférées de tous les temps. Les personnages sont super attachants, l‘ambiance est exceptionnelle. C’est étonnant dans un sens car je ne suis pas très intéressée ni par la musique, ni par la bouffe, ni par le folklore autour du Carnaval. Elle sonne tellement juste, tout y est parfait, j’aime absolument chacun des nombreux personnages. Rien que de vous en parler, j’ai le générique dans la tête et envie de la revoir.

Et vous ? Quelles séries de David Simon avez-vous vues ? Lesquelles avez-vous envie de voir ?

18 commentaires sur « Un top des 8 séries de David Simon »

  1. HOlala! j’ai les deux premières saison de Treme en dvd depuis…. 100.000 ans et je ne les ai aps encore regardées… alros que bon c’est pas comme si je n’avais pas lu que c’était top… 😉
    Faut que j’avance bon sang!

    J’aime

  2. « on peut les voir pour le moment sur OCS » : tu peux être sûre que ce « pour le moment » va basculer en « pouvait les voir » au moment où je vais me décider à repasser sur OCS pour m’y mettre.
    « Rien que de vous en parler, j’ai le générique dans la tête » : rien qu’à te lire et en ayant vu seulement deux (trois ?) épisodes, j’ai le générique dans la tête.
    Je pense que je commencerai par « The plot against America ». Ensuite ça se joue entre « The Wire » et « Treme », donc ça sera sûrement « We own this city ». (🤔🙈)

    J’aime

    1. Ha oui il va falloir faire très attention à partir de maintenant, ou attendre la sortie dHBO max en France.
      Le générique est marquant j’avoue ^^
      « donc ça sera sûrement « We own this city ». » 🤣🤣 Des petits problèmes pour se décider ? The Wire je conseille tout de même de pas enchainer les 5 saisons, c’est un peu déprimant.

      J’aime

      1. Un problème pour se lancer surtout. C’est un peu comme ma liste à lire des livres difficiles/longs, elle traîne là et de temps en temps il y en a un qui finit par en sortir, un jour de grande motivation. « The Wire » et « Treme » sont sur la liste des séries longues qui attendent le bon (et imprévisible) moment. Mais tout arrive, je me suis bien lancé dans « Mad Men », ça sera pour un jour. ^^

        Aimé par 1 personne

  3. Merci de ce billet, qui est très bon pour ma culture générale! Je n’ai vu aucune de ces séries et ne savais pas le moins du monde de quoi parle The Wire, que je ne connaissais que de nom.

    J’aime

  4. La seule que j’ai vu ou plutôt commencé à voir c’est The deuce. Je sais plus pourquoi j’avais arrêté car ce n’était pas à cause d’un manque d’intérêt.

    J’aime

  5. Je n’en ai vu aucune. Oupsi… Mais The wire, revient souvent dans le top des séries quand la question est posée sur twitter. Du coup, je m’étais dit qu’il fallait que je la vois.

    Il doit y avoir quelque chose de bousculant dans ces séries vu les sujets qui sont abordés.

    J’aime

Répondre à Alys Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.