Une Heure Lumière | Retour sur l’Année 5

Une Heure Lumière est une collection de novellas créée par les éditions du Bélial en 2016. Depuis elle a pris sa place dans le paysage de les littératures de l’imaginaire. Une place de choix tant par la diversité et la qualité des textes proposés. . Etant aux abonnés absents cette année-là (et les suivantes) et n’aimant pas prendre le train en marche, je me suis résolue à rattraper mon retard en les lisant par ordre de parution. J’ai terminé récemment l’année 5 et je vous propose un petit classement, très subjectif, de ces 5 lectures. Par ordre croissant de préférence.

Je sens monter gentiment la pression du rattrapage puisque je m’apprête à commencer la lecture des sorties UHL de l’année dernière. Je tiens le bon bout même si cela devient difficile de résister à l’appel de la nouveauté.

Classer les 5 textes de cette année 2020 ne fut pas difficile, mes appréciations des 5 textes ayant eu la décence de bien s’étager entre elles. Il n’y a qu’un seul texte dont j’ai peu apprécié la lecture.

Qui dit année lumière, dit HS. Dans celui de 2020, on trouvera une nouvelle inédite de Kij Johnson, Retour à n’dau. Un beau texte qui contient des chevaux, des chiens et un peuple nomade, avec un background qui m’a fait penser à la Mongolie.

5/ La chose, John W. Campbell [UHL #27]

On connait mieux La chose ou plutôt The thing via le film de Carpenter. Mais avant d’être un film (et même plusieurs), La chose a commencé sa carrière en étant un novella de science-fiction écrite par John W. Campbell et publiée en 1938 (!). Un texte qui a une valeur patrimoniale certaine que je suis contente d’avoir lu à défaut d’en avoir réellement apprécié la lecture.

Si l’idée de cet extra-terrestre parasite qui prend la place de l’individu qu’il contamine jusqu’à parfaitement l‘imiter est excellente, introduisant un climat de paranoïa et de haute tension dans le huis-clos d’une base sud-polaire, j’ai trouvé le texte confus dans son déroulé. En cause, des personnages trop nombreux que j’ai eu peine à distinguer les uns des autres. C’est d’autant plus gênant que la narration passe beaucoup par des discussions entre les personnages.

Peut-être aussi est-ce dû à l’impact du film, qui a imprégné la culture populaire, prenant ainsi la place de La chose de Campbell, tel un extra-terrestre copycat. Dans tous les cas « La chose » part rejoindre la très short list des œuvres littéraires dont j’ai préféré l’adaptation cinématographique

-Bordel, vous devriez voir vos yeux, souffla le physicien. Arrêtez de me dévisager ! Qu’est-ce que vous allez faire, à la fin ?

Traduit de l’américain par Pierre-Paul Durastanti.

Les impressions de Lorhkan

4/Les agents de Dreamland, Caitlin R. Kiernan [UHL #25]

Le Signaleur et Immaculata Sexton enquêtent sur la mort affreuse des membres d’une secte dans un ranch dans le fin fond de la Californie. Ce qu’on comprend, au travers de la narration éclatée entre différents personnages et distillée dans un désordre chronologique relatif c’est que quelque chose de monstrueux, de fongique, de parasitaire est en train de se répandre sur Terre.

J’ai beaucoup aimé cette novella, très référencée, à l’écriture fine mais une pointe de frustration d’avoir manqué la plupart des références lovecraftiennes vient titiller une envie de la relire lorsque je me serai mise à Lovecraft. 

Vous êtes ce que vous êtes jusqu’à ce que vous ne le soyez plus.
C’est la Première Loi.

Traduit de l’américain par Mélanie Fazi.

Les impressions de Gromovar

3/ Le temps fût, Ian McDonald [UHL #23]

Emmet Leigh est bouquiniste. Dans le vide-grenier d’un autre bouquiniste qui s’apprête à fermer définitivement, il découvre un recueil de poèmes. Dans ce recueil, une lettre qu’un homme adresse à son amant, en pleine Seconde Guerre Mondiale. S’ensuit l’enquête d’Emmet pour retrouver la trace des personnes concernées.

Romance, enquête, amour des livres et voyage dans le temps sont les ingrédients de cette délicate histoire à l’ambiance surrannée. Un texte très réussi.

Je comprends, maintenant. C’est à ça que sert la poésie. C’est pour cela qu’elle existe. Ni dieux, ni muses, ni inspiration, seulement le besoin de trouver mots, syntaxe, structure et mesure pour des sentiments qui ne vont pas en mots.

Traduit de l’anglais par Gilles Goulet.

Les impressions d’Elwyn

2/ La survie de Molly Southbourne, Tade Thompson [UHL #24]

La suite de l’excellent Les meurtres de Molly Southbourne.

Dans la droite lignée des Meurtres, La survie de Molly Southbourne reproduit ce qui a fait le succès du premier : un thriller horrifique au rythme effréné s’interrogeant sur l’identité, le rapport au corps et la santé mentale. En un peu moins bien, certes, mais avec des enjeux renouvelés, davantage tournés sur l’extérieur et les explications. La fin met en appétit pour le troisième et dernier volet L’héritage de Molly Southbourne, à paraitre en novembre 2022.

« Chaque jour tu as le choix entre être ou ne pas être Molly Southbourne. »

Traduit de l’anglais par Jean-Daniel Brèque.

Mes impressions

1/ Vigilance, Robert Jackson Bennett [UHL #26]

Etats-Unis, futur proche. L’ambiance est crépusculaire. La jeunesse fuit le pays. Le pays s’englue dans son climato-sceptiscime. Incapable de s’adapter, il laisse la Chine devenir la première puissance mondiale. Les seuls qui ont encore de l’argent à dépenser sont les vieux mâles blancs. Il faut bien les occuper et faire de la thune avec les revenus publicitaires. C’est là que Vigilance, une émission de télé-réalité ultra-populaire qui propose des tueries de masse en guise de divertissement entre en jeu.

Robert Jackson Bennet met les USA face à ses pires travers, à savoir le capitalisme, les armes à feu et la peur. La lecture en est glaçante car en directe continuité avec l’actualité. La puissance d’une balle dans le ventre, pas moins.

Tout tenait au fait que depuis toujours, l’Amérique est une nation qui a peur.

Traduit de l’américain par Gilles Goulet.

Mes impressions

Et vous ? Quels sont vos UHL préférés de l’année 5 ? Ceux qui vous font le plus envie ?

 

20 commentaires sur « Une Heure Lumière | Retour sur l’Année 5 »

  1. J’aurais fait le même classement pour les 4 que j’ai lu, il me manque les agents de dreamland qui végète encore dans ma PAL… C’était une belle année mais si je suis passée complètement à coté de La chose. Vigilance est quant à lui une lecture hyper marquante.

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  2. Pour cette année 5 j’ai surtout retenu Vigilance, les autres m’ont plus ou moins laissé sur le bord de la route, d’ailleurs je n’ai pas écrit dessus je crois. Pour Molly le cas est particulier, c’est pas que j’ai pas aimé, c’est que j’ai largement préfère le 1er 😅
    Bonne lecture de l’année 6 du coup 😁

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  3. Pas trop mon année celle-ci. Le Campbell et le Kiernan sont dans la petite liste de celles que je ne compte jamais lire. Et j’ai été un peu « déçu » par le McDonald. 😅 Heureusement que les deux qu’il me reste sont tes deux meilleures. 🤞
    Et « Retour à n’dau », tu le classerais où ?

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  4. J’ai adoré Les agents du Dreamland, La Chose était assez intéressant aussi, Vigilance, j’attendais avec impatience de le lire, et puis finalement j’appréhende et il reste en PAL. Un jour son heure viendra….

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  5. Classement super intéressant, comme d’habitude. Merci de me rappeler l’existence de ces ouvrages après que la vague de chroniques soit finie! (Même si tu es de moins en moins décalée… Tu seras bientôt à jour!! 🥳)
    Caitlin R. Kiernan est sur mon radar! J’oublie toujours son nom, donc il n’est pas impossible que je rate ses bouquins même si je les croise un jour 😱, mais elle semble faire exactement ce que j’aime.

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    1. Ce n’est pas encore pour tout de suite, mais ça s’approche c’est sûr. Je pense continuer de faire ces billets même quand j’aurais rattrapé, avec les sorties de l’année précédente du coup. Peut être plus tard dans l’année suivante, parce qu’en janvier il y a déjà toutes sortes de billets de récap à faire.
      Cool pour Kiernan, j’espère que ton radar saura t’avertir au moment oppportun et que tu l’apprécieras.

      Aimé par 1 personne

      1. Ah oui, c’est une super idée de garder ce format. Ça ferait une jolie continuité sur le blog et le format est sympa en lui-même. En plus, si tu décales un peu dans l’année (car ce que tu dis sur les récap de janvier est très juste), tu pourrais quand même me rafraîchir la mémoire. 😇

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  6. On a le même top 3 mais pas dans le même ordre. Vigilance m’a un peu trop déprimée pour le mettre à la première place, je lui préfère Molly et Le temps fut ^^. Les 2 autres m’ont moins marquée (c’est un peu la déception pour La chose d’ailleurs xD)

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