Des nouvelles de Bifrost #100 | Thomas Day, Rich Larson, Catherine Dufour

Bifrost 100 Thomas Day Catherine Dufour Rich Larson

Impressions.

Ce 100ème Bifrost publié en octobre 2020 par les éditions du Bélial’ se penche sur le cas Thomas Day. Je m’intéresserai dans les présentes impressions aux 4 nouvelles qui ouvrent la revue, à savoir : La Bête du Loch DoineThomas Day ; CircuitsRich Larson ; Des millénaires de silence nous attendentCatherine Dufour ; Décapiter est la seule manière de vaincreThomas Day. Allons-y…

La Bête du loch Doine, Thomas Day

Zeite est novice depuis un an au Grand Temple de Dùn Chailleann qui voue un culte à Yggdrasil lorsque le Grand Prêtre lui confie la tâche d’aller marquer des arbres malades à abattre dans un village sans nom. Pour ce faire, il lui faudra arpenter la forêt alentour avec Ryhope, une femme à la poigne de fer dont le Grand Prêtre a fait pendre son époux. Une rencontre âpre et sèche qui va évoluer au fil des évènements.

La diversité, la beauté de ces paysages, où l’empreinte de l’homme restait invisible ou au pire très discrète, l’avaient réconcilié avec cette contrée si rude qui ne serait jamais la sienne et pour laquelle il nourrissait des sentiments contradictoires. Il aimait cette sauvagerie, cette nature inviolée, mais détestait pour ainsi dire tout le reste.

Très belle écriture, très dense, j’ai été soufflée par la quantité d’informations qui est déversée au lecteur à propos du background et des personnages en 27 pages. Très belle évocation d’une Ecosse mythique grâce à un background solide. Par contre, j’ai eu l’impression que l’histoire s’arrêtait en plein milieu, ce d’autant plus que le texte s’arrête en bas de page. Je la tourne avec fébrilité, et… Ha non c’est fini. Grosse frustration. Dans l’introduction à la nouvelle, Le Bélial’ parle d’une dizaine de textes prévus dans le même univers dont le premier est Noc-Kerrigan déjà paru dans le 76è Bifrost. Aucun souvenir, ça m’apprendra à ne pas l’avoir chroniqué. J’attends le recueil qui va bien de pied ferme.

D’autres titres de l’auteur sur le blog : Women in chains, 7 secondes pour devenir un aigle, Dragon.

Circuits, Rich Larson

Mu est une IA. Elle contrôle un train lancé à toute vitesse sur un coussin magnétique et tente de satisfaire ses pas très réactifs passager humains lorsqu’elle capte un signal de transmission. Un récit raconté du point de vue d’une IA avec ses connaissances, sa façon de percevoir son environnement propre aux fonctions pour lesquelles elle a été programmée. Va-t-elle parvenir à s’en affranchir ?

Le désert.
Le ciel d’un blanc douloureux voit la couleur se dissoudre dans la fournaise. Des épaves de bateau rouillées ponctuent le lac asséché. Sur la berge, des troncs pétrifiés se dressent tels des os brisés. Seule l’échine de la voie ferrée coupe la plaine de sable irradié qui s’étend derrière la limite des arbres.
Incipit.

Ce texte est étonnamment touchant, l’auteur parvenant brillamment à jouer sur la corde de l’empathie et de l’identification. Ce qui m’ennuie un peu c’est que le texte soit issu d’un recueil paru tout récemment au Bélial’. Tant qu’à faire et vu la production novellesque pléthorique de l’auteur vantée en intro, j’aurais préféré un texte inédit en FR.

Des millénaires de silence nous attendent, Catherine Dufour

Vies croisées. Claude, la trentaine, célibataire et solitaire, passe subtilement et sans raison apparente d’1m62 à 1m70. Collègues et parents interloqués, ça pose problème. Caroline, vieille, veuve, avec du bien, des enfants et des petits-enfants, sent la fin approcher, ça pose problème.

Claude eut un moment de grâce. Elle flottait au dessus du monde, ou plutôt, elle traçait à travers la foule sans plus jamais presser le pas, ni regarder derrière elle. Elle cessa de s’en faire, enfin – et aussi, de soupirer. Elle mit un moment à entendre quel grand silence était tombé sur sa vie.

Ces parcours croisés et a priori sans rapport est l’occasion pour Catherine Dufour d’évoquer le merveilleux monde du travail et ses normes enchanteresses, la famille et son infinie dose d’amour et la vieillesse, ce « concert » symphonique radieux  » de petits emmerdements ». Bon, moi j’adore, l’écriture, les personnages, le décorticage pince-sans-rire de notre époque (je vous jure j’y vois parfois un peu de Zola).

On aime beaucoup Catherine Dufour sur le Dragon Galactique : toutes mes impressions.

Décapiter est la seule manière de vaincre, Thomas Day

Dans un monde japonisant futuriste où le numérique a pris une place essentielle, La Renarde défie à répétition Umezaki, directeur de de la Sony Extraction Branch, dans des duels qu’elle perd systématiquement. Kimiko, fille d’Umezaki, est quant à elle résolue à mettre fin à la menace qui pèse sur son père quant à l’issue de ces duels : perdre.

Décapiter est la seule manière de vaincre, mais moins la frappe est inclinée, plus elle se révélera difficile.

Le background et l’écriture son impeccables, comme pour le premier texte de ce numéro. Par contre, l’histoire ne m’a pas trop accrochée. Une histoire de règlements de compte dont les enjeux ne m’excitent pas plus que ça.

Ce 100ème (!) numéro nous offre 4 textes de qualité. 2 textes de Thomas Day dont le parcours et l’œuvre sont décortiqués dans ce même numéro, l’un dans un univers moyenâgeux écossais (La Bête du Loch Doine), l’autre dans un monde futuriste et empreint de culture japonaise (Décapiter est la seule manière de vaincre). 1 texte qui nous plonge dans les pensées d’une IA, par Rich Larson (Circuits). Et 1 quatrième texte de la grande Catherine Dufour qui montre le destin croisé de 2 femmes, l’une jeune, l’autre vieille (Des millénaires de silence nous attendent).

Informations éditoriales

Revue publiée en octobre 2020 par les éditions Le Bélial’. Illustration de couverture par Guillaume Sorel. 192 pages.

Pour aller plus loin

Toutes mes impressions bifrostiennes.
D’autres avis : Albédo, Les lectures de Xapur, Ombre Bones (Revue, Nouvelles Dufour & Larson, Nouvelles Day), Au pays des cave trolls, L’épaule d’Orion (Nouvelle Dufour), ou signalez-vous en commentaire.

The maki project

11 commentaires sur « Des nouvelles de Bifrost #100 | Thomas Day, Rich Larson, Catherine Dufour »

    1. Je trouve aussi, je ne suis pas très cohérente avec moi-même, je ferrai un effort à l’avenir. 100-53+1*+1**=49, de la première à la dernière ligne 🙂
      *le numéro 30 que je l’ai plus en ma possession (ma première incursion en territoire dufouresque d’ailleurs)
      **le HS BD

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